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DEUXIÈME PARTIE

pouvons nous empocher de dire que ce n’est pas à une vertu spéciale qu’il faut attribuer les accidens qui surviennent quelquefois à cette époqué de l'année, mais' seulement à la chaleur qui règne ordinairement alors. Celle-ci occasionne en effet bien souvent des congestions vers la tête, des convulsions, des apoplexies, des inflammations des méninges et du cerveau, encore favorisées par l’action énergique dans laquelle l’encéphale se trouve pour accomplir l’acte de la fécondation. C’est surtout dans cette saison que des individus débiles sont morts pendant le coït. Le froid excessif produit des résultats non moins funestes. Nous ignorons complètement l’action de la lumière, de l’électricité, defc localités, des vents, etc., sur le coït. Il est vraisemblable que cette fonction partage le degré d’excitation qu’éprouvent les autres actions de l’économie.

Nous sommes plus instruits sur la puissance des frictions , des onctions et du massage : ces pratiques accessoires des bains disposent singulièrement aux plaisirs de l’amour; mais cette disposition varie beaucoup selon la personne qui les pratique. Rien ne porte plus à l’amour que l’usage de6 bains tièdes ; cependant, lorsqu’ils sont trop fr équemment répétés, ils jettent l’économie dans un tel degré de faiblesse, que l’érection en devient difficile et incomplète. Les évacuations excessives, les hémorrhagies abondantes en énervant l’individu, lui enlèvent la faculté de la copulation. Le besoin d’évacuer les intestins ou la vessie sont de puissans obstacles à l’accomplisse-

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ment du coït : pour qu’il soit plein et entier, il est important den’être nullement tourmenté par le besoin d’uriner ou d’aller à la selle.

Lorsqu’on exerce beaucoup les facultés de l’intelligence, on est peu apte aux combats amoureux. Les savans ne furent jamais de vigoureux champions. Il existe alors une révulsion trop puissante vers le cerveau. Il importe aussi de n’être aucunement distrait par les excitans sensoriaux; mais ce qui s’oppose le plus infailliblement au coït, ce sont les affections morales, autres que l’ainour et les passions qui en dépendent. Le défaut de confiance dans ses moyens a souvent arrêté plus d’un vainqueur au moment du triomphe : la crainte, la peur, la surprise , un respect extrême , un amour trop violent même, ont souvent produit ces effets.

Le sommeil est, de tous les agens hygiéniques, celui qui dispose le plus efficacement au coït. L’homme qui s’éveille est toujours prêt à cet acte, quand bien même il l’aurait rempli depuis peu de temps. Un exercice actif trop violent détourne les désirs amoureux, et il est rare que les personnes douées d’une grande contraotilité musculaire, acquise par des travaux pénibles, soient très-propres à rentrer fréquemment dans la carrière.

Tout le monde sait qu’il ne convient pas de s’approcher d’une femme pendant l’évacuation menstruelle : il pourrait résulter de graves inconvéniens de cette imprudence. Le trouble que le coït occasione dans toute l’économie animale peut causer la

suppression de cette' utile évacuation, et produire une foule de maladies. On a prétendu que la fécondation , qui pouvait avoir lieu à la suite de ce coït , n’était pas exempte de danger pour l’être conçu sous ces auspices. Ces inconvéniens existent plusieurs jours avant les menstrues, dès le moment où les premières coliques les annoncent. L’auteur du Roran regarde la femme comme impure huit jours avant et huit jours après la menstruation. Notre délicatesse s’oppose toutà-fait à ce que nous adoptions une pareille expression; mais nous croyons que l’on doit s’abstenir de la copulation pendant les règles, et environ deux jours avant. Le moment où elles viennent de cesser est le plus favorable à la conception, ce qui nous empêche de partager complètement l’avis du prophète.

Il n’est pas prudent d’exercer le coït pendant la gestation. On a remarqué que le spasme que l’utérus éprouve peut faciliter l’avortement en produisant le détachement du germe. C’est surtout dans les premiers mois de la grossesse que cet accident est à craindre; et il n’est pas douteux que beaucoup de fausses- couches ne soient dues à ce commerce intempestif.

Il n’est pas moins dangereux de communiquer avec une femme qui allaite. L’irritation qui a lieu vers les parlies sexuelles détermine une révulsion qui peut devenir funeste à l’enfant, en le privant de sa nourriture accoutumée. D’ailleurs le bouleversement général de tous les organes doit nécessairement se faire ressentir dans les glandes mammaires qui

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ont, avec l’utérus, des corrélations si intimes, et

donner lieu à la production d’un lait de mauvaise

nature.

Les désirs sont moins fréquens et moins vifs auprès d’une femme qui a prodigué ses faveurs, qu’auprès d’une femme dont on a tout à. attendre : rien n’est plus piquant que l’attrait de la nouveauté. Mais par cela même , le changement nous entraîne dans des excès funestes; et il est infiniment plus sage et plus salutaire d’être fidèle.

Effets de l'abus du coït.

Il est peu d’auteurs qui n’aient fixé leur attention sur les funestes résultats que traîne à sa suite l’abus des plaisirs de l'amour. Ils sont si nombreux , si fréquens , si terribles qu'on aurait lieu de s’étonner qu’ils eussent pu échapper aux observateurs même les plus superficiels. Un sujet aussi important pour notre bienêtre physique et moral, mérite l’examen le plus sévère et l’attention la plus sérieuse de la part du médecin philosophe. Il n’y a parmi les hommes aucune espèce d’excès qui soit plus infailliblement puni que celui du commerce des sexes. Les maux qu’il fait naître sont locaux ou généraux. Les phénomènes locaux sont chez l’homme l’affaiblissement des organes génitaux, qui finissent par tomber dans un état de flaccidité absolue; quelquefois l’émissio* involontaire de la semence, la paralysie de la vessie, l’atrophie des testicules, etc. Je ne veux pas parler ici des ac-

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