TROISIÈME PARTIE
d’une qualité médiocre avoir cependant des nourrissons d une santé florissante ; si on leur confiait des enfans étrangers, ils ne tardaient pas à dépérir dans leurs mains.
Le nouveau-né doit être présenté au sein maternel peu d’heures après sa naissance. C’est une erreur populaire, qui n’est pas sans danger, de croire qu’il soit nécessaire que la fièvre de lait se déclare. Il est difficile d’assigner au juste le moment où la mère doit donner à téter. Mais les cris , les vagissemens de l’enfant, les mouvemens de succion qu’il exécute avec force feront assez connaître le besoin qu’il éprouve. Le premier lait que l’enfant tire de la mamelle est séreux et ténu ; il remplit parfaitement plusieurs indications. D’abord il ne présente à l’enfant, dont les organes gastriques sont si faibles, qu’un aliment d’une digestion facile , et dont les qualités nutritives sont proportionnées aux besoins qu’il éprouve. En second lieu, il lubrifie le canal alimentaire , dissout les matières qu’il contient , et favorise l’expulsion du méconium. C’est en grande partie parce qu’il prive de ces avantages que l’allaitement mercenaire est souvent funeste.
Dans les premières semaines qui suivent la naissance , l’enfant tette peu et souvent. A mesure qu’il se fortifie et que le lait devient plus riche en matériaux alibiles, l’enfant demande plus rarement le mamelon. Est-il prudent de régler les heures auxquelles on doit donner à téter ? Les constitutions des enfans sont trop variables, celles des mères elles-
COURS 1)HYG!ÈNE.
mêmes trop diverses pour qu’il soit possible de répondre par l'affirmative. Si cela est praticable pour quelques-uns, c’est principalement lorsqu’ils ont acquis un certain développement, et que les mères sont fortes et robustes!
Est-il nécessaire d’ajouter de bonne heure, au lait de la mère, quelques substances nutritives? Est -il bien naturel de leur donner des substances féculentes mêlées avec du lait pour leur fournir ainsi une alimentation plus abondante. Je me déclarerais volontiers pour la négative, si toutes les nourrices étaient d’une forte constitution, si leur lait était assez abondant, assez nutritif; c'est dire assez qu'on ne doit se permettre de nourriture supplémentaire que lorsque la faiblesse de la mère ou quelque influence débilitante l’exige. Tant que l’enfant augmentera de vigueur et d’embonpoint, on devra se garder d’augmenter la nourriture. Ce n’est tout au plus que lorsqu’on approchera du sevrage qu'on pourra accoutumer l’enfant à une nourriture nouvelle.
A quelle époque faudra -t- il cesser l’allaitement ? Cette question, ainsi que la plupart de celles que nous avons posées, ne peut se résoudre d'une manière absolue. Il n’existe pas d’âge fixe pour sevrer les enfans. Le développement du nourrisson, la rareté, le peu d'abondance du lait de la mère devront fournir des données importantes pour cette détermination. Les anciens pensaient, avec raison, que cette époque était venue lorsque l’enfant avait ses vingt dents; mais chez quelques sujets les dernières se font