TROISIÈME PARTIE. 07 I
long-temps attendre , et il ne serait pas convenable de retarder le sevrage jusqu’à ce moment.
Les premiers alimens qu’on devra leur donner seront quelques fécules mêlées avec du lait ou du bouillon gras.
Lorsque la mère ne pourra remplir le devoir qui lui est imposé par son titre de mère, et qu’elle sera réduite à la triste nécessité de confier à des mains étrangères le fruit de ses entrailles. Il faudra s’efforcer d’obtenir un lait qui, par ses qualités, se rapproche le plus possible de celui qu’elle aurait dû lui donner. Il faudra donc que le lait de la nourrice soit le moins ancien possible; car s’il est déjà vieux, il a acquis une consistance disproportionnée à la faiblesse des viscères du nourrisson; il agit en produisant de continuelles indigestions ; et , au lieu de croître et de profiter, l’enfant languit, dépérit et meurt. II se développe fréquemmentdes inflammations intestinales qui le conduisent au tombeau. Pour le soustraire à ces graves dangers, on a imaginé de mettre la nourrice à la diète, de lui donner des boissons délayantes; mais peu veulent se soumettre à ce régime sévère. On a aussi imaginé, pour suppléer au colostrum , de faire prendre à l’enfant de l’eau miellée, du petitlait ou quelques sirops laxatifs.
Enfin il est des circonstances où l’on est' forcé d’avoir recours à un allaitement artificiel, au moyen d’un animal. Pour l’emploi d’un pareil moyen , il est des précautions à preridre. C’est ordinairement une chèvre que l’on choisit pour cet usage; et plusieurs
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raisons semblent justifier ce choix. La grosseur et la forme des trayons que la bouche de l'enfant peut facilement saisir, l'abondance et les qualités du lait , la facilité avec laquelle on peut présenter sa mamelle à l’enfant, l’attachement que cet animal est susceptible de concevoir pour lui, etc., sont de justes motifs de préférence. A la vérité, la nature du lait d’ânesse se rapprochant davantage de celui de la femme, l'a fait préconiser par quelques auteurs; mais cet animal est loin de présenter les avantages que nous venons d’attribuer au premier.
L’aillaitement dont nous parlons exige que l'on prenne garde à de nombreux accidens qui pourraient en résulter avant que l’animal soit parfaitement dressé à ce manège ; sa pétulance , son impatience, expose en effet l’enfant à quelques dangers qu’on évitera avec un peu de soin. I^a chèvre ne sera ni trop jeune, ni trop âgée; son lait ne doit pas être trop odorant. On affirme que les cjièvres sans cornes, et surtout celles dont le poil est blanc, produisent un lait parfaitement inodore et très-convenable.
On a dit que les enfans se ressentaient du caractère de leur nourrice; qu’ils étaient vifs, colères, pétulans, etc. Des observations attentives ont prouvé à M. le professeur Désormeaux que cette opinion n’était qu’un préjugé, ou du moins que cette influence, s’il en existe, était bien moins considérable 1 «
qu’on ne la suppose.
Lorsque l'enfant est parvenu au moment du sevrage, s'il est sain et bien développé, il s’accoutu-