Deuxième partie
l’oeil, \ous serez en droit de conclure que la force de réfraction était trop considérable dans cet organe, s’il acquiert par ce moyen la faculté de voir de plus loin. C’est, ce nous semble, une conséquence incontestable. Maintenant quelle est la disposition générale ou partielle de l’œil qui donne lieu à cette augmentation de la force réfringente? Ce n’est pas ce qu’il est facile de démontrer d’une manière positive; mais cela ne donne pas le droit de rejeter le principe.
Les physiciens ont attribué ce phénomène à des causes différentes. Celle qui se présentait la première, c’était la trop grande convexité du globe de l’œil; en second lieu, celle du cristallin et sa trop grande densité, l’allongement du globe de l’œil, la densité ou la quantité trop considérable des fluides qu’il contient i j’omets à dessein d’autres causes prochaines, parce qu’elles me paraissent peu capables d’augmenter la force de réfraction du globe de l'œil. Chacune de ces causes a tour-à-tour été combattue parM. Ré veillé - Parise, qui finit par adopter le sentiment des auteurs qui attribuent la myopie à une alteration de La partie nerveuse de l’œil.
Sa première preuve est tirée de la dilatation de ia pupille qui, d’après de la Hire et Porter-Fields, est un des caractères distinctifs de la myopie. J’admets l’existence de cette dilatation. On sait, dit l'auteur, quelle est l’étroite connexion de l’iris avec la rétine; la pupille se dilate lorsque la rétine perd de sa sensibilité, etc. Tout le monde est d’accord là-dessus. Mais si la force réfringente de l’œil est augmen-
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tée, il s’ensuivra qu’il n’y aura que les cônes lumineux dont la base sera large sur la pupille, dont les sommets pourront atteindre la rétine; si la pupille eut été resserrée, il n’aurait pénétré dans l’œil que des faisceaux peu divergens, dont la réfraction, trop facile , aurait donné lieu à un cône dont le sommet serait resté dans l’humeur vitrée, n’aurait pas atteint la rétine et la vision n’aurait pas eu lieu. La dilatation de la pupille est donc le résultat nécessaire de l’augmentation de la force de réfraction du «lobe de l’œil.
L’élargissement pupillaire, permettant à un faisceau considérable de rayons lumineux de pénétrer dans l’œil , explique pourquoi les personnes, ayant la vue basse, ont la faculté de lire, d’écrire, et de distinguer les objets à un petit jour, tandis qu’une lumière trop vive les fatigue bientôt. Ces phénomènes n’auraient pas lieu si la rétine avait réellement perdu sa sensibilité.
La deuxième preuve est déduite de ce que la myopie est souvent la suite d’une maladie, et qu’alors elle ne peut être due au simple renflement d’une humeur quelconque de l’œil. Je ne vois pas pourquoi, après une maladie, une exhalation ne pourrait pas être augmentée dans l'œil ; de même aussi pourquoi cette exhalation ne pourrait pas être diminuée.
Mais la plus forte preuve qu’on donne contre la trop grande faculté de réfraction, c'est que les progrès de l’âge ne la corrigent pas, ce qui devrait cependant arriver, et ce que l’on semble admettre généralement. Cette objection est aussi celle de M. Itard