TROISIÈME PARTIE
dangereux est, sans contredit, celui des villes, des rues basses et étroites ; celui deè bords des mares , des étangs, des eaux croupissantes, des vallées profondes. Le plus. salutaire sera celui des campagnes et surtout celui des coteaux exposés au sud ou à l’est*
L’air des campagnes est tellement avantageux, que les parens doivent faire tous les sacrifices imaginables pour procurer ce bienfait à leurs enfans. J’en ai vu de si faibles et si débiles, qu’ils paraissaient dévoués à une mort certaine, retrouver dans la campagne la santé la plus florissante.
Pendant l’hiver, l’appartement dans lequel on les tiendra devra être chauffé au moyen d’une cheminée et non avec un poêle : on leur défendra de s’approcher du feu, pourvu toutefois qu’on leur permette de s’exercer beaucoup.
Les ordures dont les enfans sont presque constamment entourés, la délicatesse de leur peau, leur vive irritabilité, rendent indispensables les soins de propreté. Les bains tiennent le premier rang parmi les moyens qu’on peut mettre en usage pour l’entretenir.
Mais ici s’élève une grande question. Le bain froid convient-il aux enfans? On sait avec quelle éloquence J.-J. Rousseau a préconisé ce moyen ; nous laisseronsnous imposer par l’autorité de ce grand homme ? Si nous réfléchissons à l’organisation de l’enfant, nous reconnaissons qu’une extrême sensibilité, une mollesse extrême, une perméabilité très -grande de tous les tissus, une tendance singulière à l’expansion exté-
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rieure , en sont les caractères dominans. Si nous ajoutons à cela la faiblesse si grande à cet âge , et l’habitude de vivre dans une température très-élevée, il nous sera facile d’en déduire les nombreux accidens qui peuvent suivre cette pratique inconsidérée. En effet la prédominance de la sensibilité fait redouter les convulsions, si fatales à cet âge, que pourrait déterminer l’impression douloureuse du froid; la mollesse extrême, la perméabilité de tous les tissus, les congestions intérieures, les engorgemens des viscères, des articulations, etc.; la tendance à l’expansion extérieure, un refoulement fatal vers l’intérieur; la faiblesse fera craindre, avec juste raison, que la réaction ne puisse s’établir; et l’habitude de vivre dans un milieu très-chaud ne devra-t-elle pas rendre l’impression du froid plus sensible, et favoriser ainsi les effets funestes dont nous venons de parler? Mais des nations entières plongent dans une eau glaciale les enfans nouveau-nés, et ces peuples sont sains et robustes. Certes ceux qui résistent à ces rudes épreuves doivent être fortement constitués; mais pour quelques - uns qui résistent , combien d’autres ne sont -ils pas la victime de cette coutume barbare? Les êtres faibles succombent : et ne sait - on pas qu’un enfant faible peut devenir un homme robuste , et pense-t-on d'ailleurs qu'un individu d’un corps débile 11e puisse être d’aucun secours à sa patrie? C’est donc un usage inhumain que d’exposer ainsi les jours des enfans. Pour que le bain froid soit utile, il faut que la réaction puisse