TROISIÈME PARTIE. Z
s’opérer; il faut donc attendre que les forces soient assez grandes pour cela, ou prendre les précautions les plus scrupuleuses pour la favoriser. Si le bain froid paraissait indiqué pour raffermir les chairs de l’enfant, lui donner une constitution robuste, il faudrait commencer par lui donner des bains tempérés; lui faire des lotions avec de l’eau fraîche, le plonger graduellement dans cette eau; ne l’y laisser que peu de temps d’abord, en augmenter peu à peu la durée, et en baisser par degrés la température. Par ces précautions, on peut parvenir à habituer les enfans à l’immersion dans l’eau froide, sans avoir à redouter les inconvéniens que nous avons signalés. Les bains tempérés et les bains chauds sont en général trèsutiles aux enfans, en favorisant les fonctions de la peau, (fui, à cet âge, est leasiége d’un travail actif.
A mesure que l’enfant grandit et se développe, qu’il acquiert plus de force et d’énergie, le bain froid perd ses inconvéniens et gagne de nombreux avantages, c’est surtout dans l’adolescence et dans la virilité qu’il jouit de toutes les propriétés salutaires que nous lui avons attribuées.
Si quelques circonstances s’opposent à ce qu’on puisse donner souvent des bains , il faut au moins y suppléer par des lotions fréquentes , dont on proportionnera la température aux forces de l’enfant et à la saison régnante. »
Les frictions, les onctions, le massage pourront être avantageux au premier âge. Les premières seront sèches ou humides ; elles se feront au moyen d’une
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brosse, d’une flanelle, ou simplement avec la paume de la main ; elles pourront être rendues humides et aromatiques de diverses manières. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit touchant le mode d’action de ces divers agens.
La manière dont on habille aujourd’hui les enfans est enfin , grâces à l’ascendant de l’éloquence de Rousseau , bien moins absurde qu’elle n’était jadis.
Un des inconvéniens les plus funestes (Je l'allaitement mercenaire, c'est que les nourrices continuent à garotter leurs nourrissons dans un maillot, afin de se livrer avec plus de sécurité à leurs affaires domestiques, comme s’il pouvait y avoir des affaires plus importantes que celles d’élever un homme ! Aujourd'hui les mères couvrent leurs enfans avec des vêtemens doux et amples, assez chauds pour les préserver de l’intempérie de l’air, assez vastes pour n’exercer aucune compression et même pour permettre les mouvemens qu ils veulent exécuter.
M. Ratier fait judicieusement observer que la tête ne doit être couverte qu’autant qu’elle est dépourvue de cheveux , et que les vêtemens dont on l’entoure ne doivent pas être trop chauds; car ils favorisent les congestions vers l’encéphale, et les éruptions qui se manifestent sur le cuir chevelu. Il blâme aussi l’usage des bourrelets destinés à amortir les ébranleinens que produisent les chu^s fréquentes dans un âge oii les membres abdominaux ne peuvent pas encore soutenir le corps. Mais des personnes très-sages pensent que leurs dangers sont moins grands que