TROISIÈME PARTIE
recherchant continuellement la lumière , pourraient prendre quelque direction vicieuse.
A peine l’homme est-il entré dans la carrière qu’il est déjà susceptible d’éprouver des passions. La colère, la jalousie, la crainte l’agitent avant qu’il puisse les exprimer par la parole. Trop de dangers les accompagnent pour ne pas chercher à en arrêter les progrès. Il est plus important que l’on ne pense de ne pas gâter les enfans, et de ne pas leur laisser prendre un empire trop puissant. On en voit les fâcheux résultats lorsqu’ils tombent malades ; habitués à suivre leurs caprices, ils refusent le médicament salutaire, qui eût pu leur rendre la vie, et les mères paient alors trop cher leurs lâches complaisances.
On évitera qu’ils ne deviennent jaloux, en distribuant avec équité les éloges et les reproches, les peines et les récompenses. Un sentiment de justice exquis anime le jeune âge; l’injustice les irrite au dernier point; j’ai vu de jeunes cœurs ulcérés par une préférence inique, en conserver pendant toute leur vie une impression douloureuse contre les auteurs de leurs jours, impression que les forces de la raison n’avaient jamais pu détruire. Beaucoup d’enfans dépérissent et succombent par l’effet de cette passion.
Il est plus facile encore de soustraire les enfans à la crainte et aux maux sans nombre qu’elle traîne à sa suite. Il s’agit alors de ne jamais les effrayer volontairement, de les aguerrir avet» prudence contre les objets de leur effroi, et de défendre sévèrement
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toute espèce de contes ou de chansons qui par les images terribles de voleurs ou de revenans sont propres à porter la frayeur dans leur âme.
Exercer les organes de la locomotion devient bientôt un besoin impérieux. Les premiers jours, à la vérité, l’enfant ne peut que se tenir sur le dos; mais bientôt il agite ses petits membres, lorsqu’on a la sagesse de ne pas les tenir esclaves dans des langes. Cet exercice fortifie ses organes et les développe. Peu de temps après l’enfant rampe, pour ainsi dire, sur le tapis où on le laisse en liberté; ensuite il marche h quatre pattes ; enfin il se redresse, il marche. Il faut prendre garde de chercher à deyancer l’époque que la nature a fixée pour que l’enfant marche seul ; tous les moyens mécaniques dont on fait usage pour atteindre ce but sont tous plus ou moins dangereux.
Dès le moment où l’enfant pourra faire usage de ses membres, on devra lui apprendre quelque exercice, quelque jeu propres à bâter le développement des forces musculaires et consécutivement les viscères de la vie indviduelle.
Les parens doivent exercer une surveillance bien attentive sur les personnes à qui ils confient leurs enfans. On n’a vu que trop souvent ces jeunes êtres devenir les victimes d'habitudes pernicieuses que des serviteurs corrompus leur communiquaient avec une criminelle complaisance.