‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 187 sur 207 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Parmi les organes qui survivent aux autres nous avons remarqué ceux (le la digestion, dont l’action ne cesse qu’avec la vie. Mais ces organes eux- mêmes sont loin de conserver la vigueur des premiers âges, et rien n’entraînerait des résultats plus fâcheux que de s’obstiner à les soumettre aux mêmes influences. Le vieillard faisant peu d’exercice, perdant peu par la perspiration cutanée qui est peu active, ainsi que les autres sécrétions, a beaucoup moins de pertes à réparer ; une alimentation trop riche et trop abondante ne saurait lui convenir ; c’est surtout pour lui que la tempérance est une loi impérieuse. Les excès dans les alimens causent chez les vieillards les maux les plus multipliés et les plus funestes; ils en précipitent un grand nombre dans la tombe. Une abstinence trop sévère occasionerait des accidens non moins graves. Des mets simplement préparés, qui exigent peu de travail de la part des organes digestifs, et qui fournissent une assez grande quantité de matériaux alibiles, leur seront parfaitemefit convenables. Des viandes bouillies ou rôties, des légumes, des fruits composeront leur régime alimentaire. Ils devront peu multiplier leurs mets à chaque repas; la piquante variété des alimens invitant à dépasser les bornes du besoin, ils introduiraient dans le ventricule plus de substances qu’il n’en pourrait élaborer. Tissot rapporte l’histoire d’un vieillard qui s’était imposé la loi, dès l’âge de quarante ans, de ne prendre qu’un seul aliment à chaque repas, et qui avait atteint lage de quatre-vingt-dix ans. Il jouissait alors de îr. 25

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toute la plénitude do ses facultés physiques et morales. Les organes de la mastication étant très- détériorés dans la vieillesse, il est deux conseils sur lesquels on doit insister : i° Ne prendre que des alimens faciles à mâcher, à demi - consistans ; a° les soumettre à une longue mastication, afin qu’ils aient le temps de s’imprégner de salive, fluide qui favorise la digestion à un si haut degré. Si les dents et les mâchoires refusent leur usage, il sera convenable de faire suhir aux substances alimentaires une division préalable avec un instrument approprié.

Pour ce qui concerne l’heure et le nombre des repas, les vieillards n'auront pas d'autres règles à suivre que celles que nous avons déjà tracées ; mais il sera fort important pour eux de manger fort peu dans le repas du soir.

Quelles sont les substances alimentaires dont le ■vieillard devra préférablement faire usage? Il est évident que les deux premiers genres d’alimentation ne lui conviennent en aucune manière; les substances qui produisent l'alimentation rafraîchissante, et celles qui déterminent l’alimentation relâchante, ne sauraient lui être avantageuses habituellement; elles ne peuvent devenir utiles que dans quelques circonstances particulières. Dans l’état ordinaire, la faiblesse des organes gastriques du dernier âge ne saurait s’accommoder de ce régime alimentaire. C’est donc parmi les substances qui produisent l’alimentation moyenne, l’alimentation tonique et l’alimentation réparatrice, que le vieillard devra chercher scs moyens de nutri-

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