TROISIÈME PARTIE
lion. Parmi ces substances, celles qui demanderont le moins de travail de la part des organes digestifs mériteront la préférence.
Les assaisonnemens distribués avec une sage modération seront moins funestes à l’àge dont nous parlons, qu’à toute autre époque de la vie. Ils favoriseront l’action de l’estomac en augmentant son énergie; mais séduit par ces avantages, le vieillard devra bien se garder d’abuser de ce moyen, un collapsus funeste ne tarderait pas à succéder à cette excitation artificielle.
Par la même raison un vin généreux sera de toutes les boissons la plus salutaire pour lui; mais la plus sage réserve devra présider à son usage, les mêmes inconvéniens étant attachés à son abus. Les liqueurs alcolioliques, et les infusions aromatiques de thé ou de café pourront être nuisibles aux vieillards replets, sanguins, pléthoriques, menacés de congestions cérébrales, et le plus prudent est bien certainement de s’en abstenir dans toutes les circonstances : cependant lorsque on se sera laissé aller à manger plus, que de coutume, on pourra sans un grand inconvénient prendre une dose légère de ces excitans. Ils seront moins nuisibles pendant les temps humides et froids que sous toute autre température.
Les influences atmosphériques ne sont pas moins puissantes, et ne réclament pas moins d’attention que celles des alimens. Le vieillard restitue à l’air, par l’exhalation pulmonaire, une plus grande proportion de matières aniinalisées que les sujets plus jeunes; il
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sera donc dangereux pour lui de rester trop long temps dans un appartement bien clos; surtout s'il est peu spacieux. 11 conviendra d'en ouvrir fréquemment les fenêtres; c'est cependant ce que les personnes avancées en âge font avec la plus grande difficulté; soit par incurie, soit pour éviter l'impresiion froide de l’air extérieur. Dans les dortoirs de nos vieillards, il existe le matin une odeur d’une grande fétidité; et nous avons la plus grande peine à obteuir que les fenêtres soient ouvertes. A peine la personne qui les surveille est-elle sortie, qu'ils s'empressent de clore les croisées et d'empêcher l'accès à l'air du dehors.
I/air humide et froid, nuisible pour tousleshommes^ l'est davantage eucore pour ceux que la vieillesse accable; des rhumatismes, des catarrhes et autres pldegîmsies chroniques en sont les fâcheux effets. Mais la plus redoutable «le toutes les constitutions atmosphériques est pour eux le froid intense. Le froid violent est mortel pour les vieillards. Les pleurésies, les péripneumonies moissonnent alors ces malheureux par centaines. Quel que soit le traitement employé pour ces maladies, leur rqpolirtion est impossible. Di circulation étant ordinairement rendue difficile par 1 ossification des vaisseaux, l’absorption interstitielle confiée à l’action des veines est extrêmement difficile; et les tissus extérieurs resserrés par l’action du froid, et par l’impression et la réaction cérébrales, ne pouvaul admettre une quantité de sang aussi considérable que de coutume, il en résulte des congestions intérieures presque constamment mortelles. On voit