TROISIÈME PARTIE
que nous avons dit des cosmétiques, tous ces moyens qu’elles emploient pour réparer les outrages du temps, ne font que rendre ses ruines plus sensibles. Les spectacles , les bals , la musique, trop souvent répétés, leur seront infailliblement nuisibles; il serait sévère sans doute, dans l’état actuel de la Société, de les priver de ces plaisirs; mais on ne doit leur en permettre l’usage qu’avec une sage réserve. On évitera d’émouvoir trop vivement leur sensibilité, et si l'on peut de bonne heure l’empêcher de se développer, on leur rendra sans contredît un service signalé. Eloigner toutes les causes qui peuvent allumer leuis passions, est donc un des avis les plus pressais qu'on puisse donner. Le sommeil leur est nécessaire, mais en général portées à l’inaction par la faiblesse de leurs organes locomoteurs, elles en prolongent trop la durée; sept à huit heures de sommeil leur suffisent en général, et il est peu de nos dames qui dorment moins de dix heures. Cette habitude les énerve , les affaiblit, et leur rend l’exercice encore plus pénible.
Quoiqu’elles paraissent destinées à la vie sédentaire, et que l’inaction leur soit moins funeste qu’aux hommes, il faut convenir qu’elles font généralement trop peu d'exercice. Peu se livrent à l’équitation, au jeu de billard, au volant, elles préfèrent une promenade insipide, où la curiosité et le désir de se montrer les conduit ; ce qui est sans contredit infiniment moins salutaire. Je ne suis pas éloigné de leur conseiller la natation; et, quoiqu’il fût très-désagréable quelles eussent les formes et les manières des femmes
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de Sparte, je crois qu’une santé robuste a tellement <le prix, que lorsqu'elles perdraient quelques-uns des agrémens que leurs vapeurs leur donnent, elles n’en seraient pas moins aimables «à nos yeux.
L’approche de la première menstruation est loin d’être sans danger pour la jeune fille. Est-elle forte, robuste, elle est tourmentée d’étourdissemens, de vertiges, de tintemens d’oreilles, de bouffées de chaleur au visage, de céphalalgies habituelles, d’insomnie; quelquefois de convulsions. Les yeux sont injectés et larmoyans; le pouls est fort et fréquent; les artères temporales battent avec force; elle éprouve de fortes palpitations, elle est souvent prise d’épistaxis que rien ne peut maîtriser; la respiration est gênée et suspicieuse; un sentiment d’oppression l’accable; une douleur épigastrique, des coliques la tourmentent ; le moindre exercice la fatigue. Elle éprouve d’ailleurs beaucoup d’autres accidens difficiles à décrire, mais parmi lesquels il ne faut pas oublier les pesanteurs des lombes et les douleurs de l’bypogastrc , phénomènes locaux qui indiquent le
travail de la nature.
La jeune fdlc est-elle faible, elle éprouvera aussi quelques symptômes de congestion vers la tête; mais sa figure sera pâle et décolorée ; ses yeux ternes et languissans, son pouls sans force et sans vigueur; elle ressentira des palpitations, mais moins violentes; les artères temporales ne battront pas avec force. I>a digestion sera languissante, elle désirera des substances indigestes ou même totalement indigestibles;