‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 195 sur 207 · TROISIÈME PARTIE. 4oi · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 4oi

faire les désirs, les appétits bizarres quelle manifeste? La réponse est facile; sans doute, si ces désirs ne peuvent être nuisibles; mais l’on s’en gardera bien, si quelque danger était attaché à leur satisfaction. Je ne partage pas l’opinion de ceux qui pensent que ces désirs sont des lois, et que leur non-satisfaction peut produire sur l’enfant des traces ineffaçables. Les cliangemens d’air seront redoutés par la femme enceinte, elle ne devra s’y exposer qu’avec les plus grands ménagemens ; l’impression du froid, et surtout du froid humide, pourra lui être nuisible. C’est dans cet état qu’elle doit sacrifier les caprices de la mode à la santé de son enfant. Aucune ligature, aucune compression ne devront gêner les viscères intérieurs; plus d’un avortement ne reconnaît pas d’autre cause que ces compressions exercées sans prudence et sans ménagemens. Je ne pense pas que le bain tiède soit dangereux pour la femme grosse, mais il y aurait certes bien de l’imprudence à prendre des bains froids. Les évacuations seront entretenues avec le plus grand soin, la dilatation du rectum et de la vessie pouvant être fâcheuse pour l’enfant dont elles resserrent la retraite, et pour la mère chez laquelle elles peuvent déterminer des congestions funestes. Le calme et la sérénité de l’âme seront bien désirables pendant la gestation, et l’on mettra tout en usage pour les produire. I^es travaux forcés de l’esprit, toute lecture trop attachante, en attirant vers le cerveau un travail qui devrait être employé au h. 26

4oa cours d'hygiène.

développement du nouvel être, pourront lui devenir funestes.

Mais la femme enceinte devra- 1- elle craindre l'exercice , devra - t - elle se condamner à un repos absolu ? Je ne le pense pas. Il est nécessaire qu’elle fasse beaucoup d’exercice, mais je ne crois pas que cet exercice doive être plus fatigant que celui qu’elle prend habituellement. Enfin dans les derniers jours la nature l’oblige malgré elle à garder le repos. Les sauts, la danse, l’équitation, l’exercice dans une voiture mal suspendue, etc., doivent être interdits, quoiqu’on pût citer bien des exemples fameux, dans lesquels ces exercices n’ont pas nui. Enfin un avis qui sera sans doute fort peu goûté et fort peu suivi, mais que cette considération ne saurait nous empêcher de donner , c’est que les femmes doivent s’imposer la privation des plaisirs de l’hymen, ou du moins ne s’y livrer qu’avec la plus grande modération pendant le cours de leur grossesse.

Enfin, après avoir traversé tous les accidens de la gestation, l’accouchement a lieu; pendant plusieurs jours la femme réclame les soins les plus assidus. Elle gardera d’abord une diète sévère, on lui conseillera une boisson délayante quelconque. Les prétendues vertus de la canne de Provence ou des fleurs de tilleul sont un préjugé populaire. Elle restera couchée, à l’abri du bruit, de la lumière, des odeurs et généralement de tous les excitans un peu forts, physiques et moraux. Peu à peu on permettra quel-

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