CHAPITRE IV
Réglés de l’Hygiène relatives aux idiosyncrasies , aux goûts, aux répugnances individuelles.
Si tous les phénomènes de la vie dépendent de l’organisation, il est évident, pour tout esprit non prévenu, que les idiosyncrasies doivent tenir aussi à des dispositions organiques particulières, bien que l’observation la plus attentive , l’investigation la plus scrupuleuse ne reconnaissent aucune différence. Dans l’emploi des moyens de l’hygiène , comme dans celui des agens thérapeutiques, il est indispensable de connaître la manière dont chaque fonction s’exécute dans chaque individu, afin de ne pas forcer le naturel, et de ne pas produire les accidens les plus formidables, au lieu du soulagement qu’on avait droit d'attendre.
Won seulement la digestion ne s’exécute pas de la même manière chez^tous les individus, niais il est des substances indigestes pour la plupart des estomacs, qui sont digérées avec la plus grande facilité par d’autres. Il est au contraire des fdimens d’une grande digestibilité pour tous les hommes, et qui sont rejetés par le vomissement, et occasionnent les accidens les plus funestes chez quelques personnes. Le médecin doit connaître ces exceptions. Il en est ordinairement promptement informé. Les mêmes exceptions existent
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pour les médicamens, mais on aurait tort d’en rien conclure contre la certitude* de la médecine; car d’une part ces exceptions sont fort rares, et d’une autre part la certitude de la médecine consiste dans la connaissance de ces faits. De ce qu’il pourra se rencontrer quelques médecins assez ignoransou assez insoueians pour ne pas s’informer et n’avoir pas connaissance de ces phénomènes exceptionnels, ce n’est pas une raison pour qu’ils échappent à la sagacité d’un médecin plus instruit et plus clairvoyant.
Mais, ces phénomènes étant connus, faut-il chercher à les vaincre? et par quel moyen pourrait-on y parvenir? J’ai connu un grand nombre de personnes qui éprouvaient pour certaines substances alimentaires des répugnances invincibles; leurs pareils pensant que ces répugnances pouvaient venir du caprice, avaient déguisé ces substances de mille manières, pour en masquer l’aspect, le goût et la saveur. Eh bien! à peine ces substances étaient-elles introduites dans l'estomac, qu’elles produisaient les mêmes accidens, que lorsqu’elles avaient été prisées avec connaissance. Il est impossible de ne pis reconnaître là une disposition organique particulière, et d’autant plus difficile à combattre que sa nature est entièrement inconnue. Je pense en effet que dans ce cas tous les moyens sont impuissans pour la détruire, mais elle cède quelquefois aux progrès de l’âge, et aux modifications qu’il apporte dans l’organisation. Lorsque ces répugnances sont le résultat d’une impression défavorable, d’une éducation vicieuse, on peut espérer