DEUXIÈME PARTIE
l’estomac; que l’intelligence ne nous avait été donnée que pour satisfaire la faim; que la respiration, l’hématose, la circulation n’étaient que la conséquence de la digestion; que toutes nos maladies dérivaient de l'estomac, que toutes nos passions y avaient leur siège, etc. Pitoyables écarts où jettent l’esprit de système ou le désir immodéré de faire parler de soi!
Pour nous, tâchant de tenir un juste milieu entre Ces extrêmes , nous allons nous efforcer de signaler les effets des divers agens extérieurs sur le cerveau, et par suite sur l’organisme entier ; l’influence de l’exercice de ce viscère sur tous ceux de l’économie animale, ce qu’on désignait autrefois sous le nom d’influence du moral sur le physique , et ce qu’on comprenait en hygiène sous le titre A'animi pathemata.
Les agens extérieurs n’ayant d’influence sur le cerveau que par l’intermède des sens, c’est par eux que nous devons naturellement commencer; l’intelligence et le moral nous occuperont en second lieu. Les exercices étant aussi sous la direction d’une portion de l’encéphale (celle qui préside aux mouvemens), seront examinés ensuite; les professioxis qui la plupart exigent l’action de l’intelligence et de la contractilité se placent d’eux-mêmes en quatrième lieu.
PREMIÈRE DIVISION
Des sens et de leurs excitans.
La faculté de sentir, fonction principale qui ca-
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ractérise éminemment les êtres animés, ne serait plus qu'une source inépuisable de douleurs, si lanature n’avait en même temps donné à ces êtres les moyens nécessaires de reconnaître les dangers qui les menacent et. ceux de les éviter. Mais reconnaître et fuir ces causes de destruction ne sont pas les seules conditions de l’existence des êtres organisés, il faut encore qu’ils puissent discerner les objets destinés à remplir leurs besoins : aussi les a-t-elle pourvus d'instrumens qui les metttent sans cesse en relation avec les corps qui les environnent, et d’organes capables d’admettre ou de repousser ces corps, suivant qu’ils leur sont utiles ou dangereux; ainsi la faculté de sentir, c’est-à-dire d’éprouver du plaisir et de la douleur, entraîne nécessairement avec elle la volonté sans laquelle ils ne pourraient s’approcher ou s’éloigner des corps ambians; elle entraîne aussi par la même raison les désirs et la crainte, elle est la source de nos penchans, de nos affections , de nos passions, et, par le moyen des sens, elle est encore la source de nos idées, de notre intelligence.
Les instrumens destinés à mettre les animaux en rapport avec les corps extérieurs sont toujours en harmonie avec les milieux qu’habitent ces animaux, avec la nature de leurs besoins; ils varient avec leur organisation entière. L’homme est de tous celui dont
les sens sont le plus généralement parfaits. S’il ne voit pas d’aussi loin que l’aigle , s’il ne distingue pas les objets dans la nuit comme les animaux destinés à poursuivre leur proie pendant les ténèbres, s’il n'a pas