‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 3 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

l’odorat du chien, ni l’ouie du lièvre, l’ensemble de ses sens est supérieur à celui de ces animaux; et par le toucher et par le tact il les laisse loin derrière lui.

Ainsi les sens nous ont été donnés pour notre conservation : c’est par eux que nous acquérons toutes nos connaissances, ils sont les seuls moyens de nous instruire dont nous ayons été pourvus; c’est à eux qu’est due cette intelligence qui fait de 1 homme un être si extraordinaire. En disant que les sens nous donnent cette supériorité, on conçoit que nous ne voulons pas parler seulement de l’organe destiné h transmettre l’action des agens extérieurs, mais que nous ne pouvons les séparer du centre où s’opère la perception; il faut en effet le concours de plusieurs parties pour produire l’admirable résultat de la pensée.

Le sens n’est proprement qu’un appareil construit par la nature, pour modifier un agent extérieur : mais en vain cette première opération aurait-elle lieu, si le nerf qui doit recevoir l’impression et la transmettre au centre sensorial, n’est pas dans son état physiologique; et bien vainement encore ces premiers organes seraient-ils convenablement disposés, si la partie de l’encéphale , dont la destination est d’élaborer ces perceptions, n’était elle-même dans un état parfait d’intégrité.

Trois choses sont donc nécessaires pour qu’une sensation s’opère : l’instrument qui modifie l’excitant, le nerf qui reçoit et transmet l’impression, et le centre où cette impression est perçue; ainsi, lorsque nous nous servons du mot organe de la vision, de l’audition, de

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l’olfaction etc. , ce sont ces divers élémens que nous

entendons désigner.

C’est ici le lieu de dire que les psychologistes et les physiologistes ont distingué trois temps dans la sensation. Locke, Condillac, Destutt de Tracv, et la plupart des physiologistes , même les plus modernes, ont admis qu’un excitant occasionait d’abord une impression sur un nerf, que ce nerf conduisait cette impression au cerveau , où se faisait la perception. Quoique la nature de cet ouvrage ne nous permette pas d’entrer dans des détails de physiologie , qu’il nous soit cependant permis de faire voir combien est vaine cette distinction. On ne doit pas laisser échapper l’occasion de simplifier le plus possible un sujet aussi compliqué que celui-là.

Qu’est-ce que l’impression? C’est, répond-on, l’action d’un excitant sur un organe, la première modification qu’un agent quelconque détermine sur un nerf. Mais cette impression est perçue par le cerveau, ou n’est pas perçue; dans le premier cas, elle a été transmise au centre de sensibilité qui en a pris connaissance, il y a eu sensation ; dans le second, elle a dû borner son action sur l’extrémité du nerf, sans que nous nous soyons aperçus de cette action, alors cette impression est nulle pour l’intelligence; elle ne diffère pas de l’impression produite sur tous les corps de la nature dépourvus de sensibilité. L’impression et la sensation ne peuvent donc être séparées. On doit donc dire simplement qu’un excitant qui éveille la sensibilité produit une sensation : s’il ne produit pas une sen-

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