‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 20 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

trois causes principales : i° La diminution des humeurs de l’œil, ce qui diminue nécessairement sa force de réfringence; 2° la diminution de sensibilité due aux modifications que l âge apporte dans les organes de l’innervation , défaut de sensibilité qui augmente ordinairement de jour en jour, et finit par produire la cécité; 3° enfin, l’opacité commençante du cristallin qui ne permet plus aux rayons lumineux de le traverser complètement, et en réfléchit une grande quantité, opacité qui fait aussi des progrès et occasionne enfin la cataracte.

La presbyopie est produite principalement par le défaut de réfringence de l’œil; voici donc ce qui se passe dans ce cas : Les cônes lumineux qui, partant de divers points, vont se rendre- sur l’œil, ne produisent , avons-nous dit, une image distincte sur la rétine, qu’autant qu’ils- sont suffisamment réfractés pour que leur sommet renversé atteigne cette membrane ; nous avons vu tout à l’heure, que si la réfringence était trop grande, le sommet du cône se formait dans l'humeur vitrée, et n’arrivait pas à la rétine, que les rayons s’entrecroisaient et qu’ils parvenaient épars sur cette membrane, ce qui donnait lieu à une vision trouble. Maintenant c’est un effet inverse. La réfringence n’étant pas assez grande, les rayons lumineux 11e se rapprochent pas assez, et parviennent à la rétine avant d’avoir formé le sommet du cône, ce qui donne lieu à une vision indistincte. On conçoit dès lors que les individus presbytes verront mieux les objets qui enverront à l’œil fes: rayons lumineux sous

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un angle très-aigu, et qui, élant presque parallèles , n’auront pas besoin d’une grande force de réfraction pour être rapprochés de la perpendiculaire. Les rayons lumineux qui arriveront sur l’œil, sous un angle très-ouvert, ne pourront pas être réfractés assez fortement; ils formeront dans l’œil un angle tronqué par son sommet, et donneront pour résultat une image confuse.

11 n’est pas sans exemple que la presbytie ait disparu dans un âge fort avancé. John Sinclair rapporte les faits suivans : Machell Vivan, qui avait vu renouveler ses cheveux et ses dents , recouvra aussi la vue à L’âge de cent ans, et put dès lors lire les plus petits caractères sans lunettes, tandis que depuis plus de quarante ans, il avait peine, avec leur secours, à lire les plus gros. — Le docteur Rush cite aussi un vieillard de Pensylvanie, nommé Adam Rilfle, lequel à l’âge de quatre-vingts ans recouvra la vue qu'il avait entièrement perdue depuis douze ans, sans s être aperçu d’aucune maladie, et sans qu’on vit aucun changement dans l’apparence de ses yeux, ni lorsqu’il en perdit, ni lorsqu’il en recouvra l’usage. — Easton cite deux exemples semblables, l’un de Thomas Edgar, et l'autre de Janet Allan. — Une dame du comté de Fyfe, en Écosse, quelque temps avant sa mort, qui arriva à quatre-vingt-neuf ans, avait recouvré la vue, au point de pouvoir, sans lunettes ( dont elle navait pu se passer depuis bien des années ) lire les caractères les plus menus et travaillera l’aiguille aux ouvrages les plus fins. M. Odier cite l’observation d un

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