‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 21 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

horloger de Genève qui de presbyte devint tout à coup myope. Il pense, et selon nous avec beaucoup de raison, que la force réfringente de l’œil est tout à coup augmentée dans ces cas, par un accroissement subit des humeurs de l'œil; en effet, si la principale cause du presbytisme est la diminution de ces humeurs, leur augmentation est bien certainement la cause de sa cessation. Malheureusement, il n’est pas au pouvoir de l’art de produire cette augmentation.

Enfin, si l’on pouvait douter de la vérité des faits que je viens de rapporter, j’ajouterai que je connais un vieillard nonagénaire, parfaitement bien portant, qui conserve toutes ses dents et tous ses cheveux, à peine gris, qui se tient parfaitement droit, et fait encore à pied de fort longues courses , lequel présente exactement le même phénomène. Ce vieillard étant venu me chercher à la Salpétrière, pour aller visiter sa nièce, me raconta qu’après avoir fait une maladie il y a quatre ou cinq ans, s’étant assis sur sa porte pendant sa convalescence, il s’aperçut d'un changement dans sa vue. Il en fut d’abord effrayé ; îViais , ayant pris un journal pour savoir à quoi s’en tenir, il fut fort étonné de pouvoir lire sans lunettes, chose qu’il ne pouvait plus faire depuis l’Age de cinquante ans.

Art. X. Des instrumens d'optique en général.

On a inventé plusieurs moyens pour remédier aux inconveniens que nous venons de signaler. On a

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imaginé de remédier à l’ exaltation de la sensibilité de U œil , nommée vulgairement faiblesse de la vue, au moyen de verres colorés en jaune, bleu ou vert; mais ce moyen est -il bien rationnel? et au lieu de diminuer cet excès de sensibilité, n’est- il pas propre à l’augmenter encore, en préservant les yeux de l'impression de leur excitant naturel? Si cette exaltation ne dépend d’aucun état morbide, mais seulement de l’inaction de la vue, n’est -il pas plus convenable d’exercer peu à peu cet organe que de le soustraire à la lumière? c’est ce que nous pensons.

Dans le cas de faiblesse réelle de la vue, c'est-àdire de diminution de la sensibilité de la rétine ou de la portion du cerveau qui préside à la vision, ce n’est pas non plus par des verres qu’il faut chercher à corriger ce défaut. Ici, comme partout, c'est à détruire la cause qu’il faut s’attacher. Si c’est un travail soutenu sur des objets d’une grande exiguïté, ou fortement éclairés et colorés; la première indication, c’est le repos de l’organe. Qu’on se garde bien d’augmenter l’intensité de la lumière pour rendre la vue plus claire, ce serait le plus sûr moyen de la détruire complètement; l’obscurité, l'inaction des yeux sont les seuls moyens à employer.

Si ces états de la vue sont le résultat de l’action spéciale de quelque substance sur l’organe de la vision, ou celui du mauvais emploi des modificateurs de l’organisme, il faut nécessairement se soustraire à l’action de ces causes, et suivre une conduite opposée. Il serait trop long d’entrer dans des détails à ce sujet;

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