‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 200 sur 207 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Réglés de l’Hygiène relatives aux habitudes.

L’instabilité des choses humaines est si grande, l’on est si peu sûr de vivre demain comme on vit aujourd’hui, qu’on peut avancer qu’il n’existe pas de bonnes habitudes quelles qu’elles soient, et que le meilleur est assurément de n’en point avoir. Le conseil le plus salutaire qu’on puisse donner , c’est de n’en point contracter. On s’expose à des privations douloureuses, lorsqu’on prend quelque habitude; nonseulement on se rend ainsi malheureux; mais encore ces privations peuvent déterminer des accidens funestes.

C’est sans doute pour cette raison que quelques médecins ont conseillé de prendre de temps en temps plus de nourriture que de coutume, et aussi de s’en abstenir. Le jeûne , institué chez beaucoup de peuples, pouvaitencore avoir cet avantage, en mêmetemps qu’il changeait l’heure des repas. Quelques auteurs ont pensé qu’il était avantageux de manger à des heures réglées, de rendre les matières alvines dans des momens déterminés ; mais si le hasard vous force ensuite de changer ces heures, ce changement se fera-t-il sans inconvénient? L’habitude, autant que les idiosyncrasies et les constitutions, fait varier les ef-

4ia cours d’hygiène.

fois (les bains. Dans le temps où je les preuais à 36° -H o R., pour déterminer les effets du bain trèscbaud, il m’est arrivé de trouver d’une fraîcheur difficile à supporter un bain de aG° O qu’aujourd’hui je trouve chaud. 3Iarcart au contraire, habitué au bain froid, éprouva des spasmes et des anxiétés dans un bain de 270. Sera-ce avec impunité qu’on se surchargera de vctcmens' chauds j et 11e vaut - il pas mieux s’endurcir aux intempéries et aux vicissitudes de l'air ? Examinez deux individus, dont l’un se couvrira la tête de plusieurs bonnets et le corps d’une multitude de vêtemens chauds, et dont l'autre marchera toujours tête nue et ne sera couvert que d'un habit léger; et dites-moi lequel des deux sera le plus fréquemment frappé de catarrhes pulmonaires, et d’autres phlegmasies? Qu'un homme contracte la dégoûtante habitude de prendre du tabac en poudre ou de le fumer, à quel danger 11e s’exposera- t-il pas, si les circonstances le forcent de renoncer à son usage? Ce n’est rien encore : observez les personnes qui se soumettent à des saignées habituelles, et veuillez me citer quelque affection que n’ait pas produit la cessation de cette habitude pernicieuse. Les purgatifs auxquels on s'accoutume, produisent-ils de moindres inconvénicns? Les habitudes qu’on donne aux organes des sens, ne peuvent-ils pas oecasioner leur perle ainsi que nous l’avons vu? enfin à quels maux incalculables n’expose pas la coupable habitude de l'onanisme? etc.

Il nous serait facile de multiplier les exemples, et

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