‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 22 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

nous avons exposé ces causes, il est facile de concevoir comment il faut les éviter.

Ç’est bien un des plusbeaux résultats de la physique que la découverte des instrumens d’optique; mais est-ce par l’effet du hasard ou par celui du calcul, qu’on est parvenu à rendre la vue à des personnes qui en étaient presque privées, au moyen de verres dont les formes sphériques sont différemment combinées? Quoi qu’il en soit, on corrige la myopie, en se servant d’une lentille divergente que l’on place entre les objets et l’œil.

Une pareille lentille, substituant aux objets réels les images qui se forment à son foyer, il n’y a qu’à lui donner une distance focale égale à celle de la vision distincte pour l’organe auquel on la destine; alors, en plaçant cette lentille tout près de l’œil, le myope verra les objets éloignés aussi distinctement que s’ils étaient placés près de lui; quoique sa pensée continue de les reporter aux distances véritables où il doit juger qu’ils existent. Mais il ne faudra pas qu’il emploie les mêmes verres, au moins en les plaçant tout près de l’œil , pour voir des objets très-voisins; parce que les foyers des rayons qui en émanent se formant plus près du verre, leurs images se trouveraient trop rapprochées de l’œil pour être aperçues distinctement sans fatiguer cet organe. Il faudra donc pour cet objet employer des lentilles d'un foyer plus long; ou plutôt il vaudrait mieux s’en passer tout-àfait, puisque ces objets très rapprochés sont ceux que les myopes aperçoivent le plus distinctement à

l\1 cours d’hygiène.

la vue simple, et réserver les secours des lentilles divergentes pour les objets éloignés : il sera même utile que la distance focale principale de ces lentilles divergentes excède un peu celle à laquelle les petits objets sont vus le plus distinctement; car les yeux seraient bientôt fatigués par une si grande proximité des objets.

Il est évident que de pareils verres seraient au contraire désavantageux aux presbytes, qui ne peuvent pas voir les objets voisins; car le foyer des lentilles divergentes étant toujours plus rapproché que l’objet même, la difficulté de voir ces objets n’en deviendrait que plus grande par l’interposition de pareilles lentilles. Il faut dans ce cas, trouver le moyen d’éloigner les images au delà de l’objet qui les forme, et c’est à quoi l’on parvient à l’aide de lentilles convergentes. Si l'objet est trop près de l’oeil pour que celui-ci puisse faire converger sur la rétine les rayons qui en émanent, il n’y a qu’à réfracter ces rayons par une lentille convergente, placée près de l'objet, et d’une telle courbure que l’image se trouve rejetée au point de vue distinct. Tels sont les verres dont se servent les personnes âgées, qui sont ordinairement presbytes. A l’aide de cette utile invention, elles peuvent exécuter tous les ouvrages qui doivent être placés à une certaine distance de l’oeil, comme si le foyer de leur vue ne s’était pas allongé en vieillissant. Mais elles sont obligées de quitter ces verres pour voir les objets éloignés, parce qu’alors ils font converger trop fortement les rayons lumineux.

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