DEUXIÈME PARTIE
Une condition qu’il est indispensable d’observer dans l’usage des lunettes, c’est que les verres dont on se sert soient d’une transparence et d’une netteté parfaites. Il est indispensable aussi que la courbure sphérique déterminée soit exécutée de la manière la plus exacte et la plus rigoureuse; la réfraction serait imparfaite et inégale , et par conséquent la vision souffrirait, si on négligeait ces précautions; très- probablement la vue serait altérée par l’usage de pareils verres. Il est inutile d’ajouter que le poli, la transparence et les courbures étant au degré de perfection convenable, il faut que le foyer des verres soit proportionné avec la portée de la vue; en deçà et au delà, les lunettes ne remplissent pas leur but, et peuvent détériorer cet organe.
Mais lorsque les lunettes remplissent toutes les conditions exigées,, leur emploi peut-il être dangereux, et les verres concaves le sont-ils plus que les verres convexes ? Lorsqu’on s’est servi de verres concaves pendant quelque temps, et qu’on vient à ôter ses lunettes, la vue est sensiblement plus trouble qu’aupaxavant , ce qui doit être attribué à l’effort que fait, l'œil pour s’accommoder à ce nouveau mode de vision; mais bientôt il reprend son état ordinaire. L’expérience semble prouver que peu à peu ùn s’accoutume, aux verres que l’on a adoptés, et qu’on est tôt ou tard obligé d’employer des verres d’un foyer plus fort; d’où l’on peut conclure que leur usage habituel est nuisible à la vue. Les personnes qui font usage de verres convexes, éprouvent aussi le besoin
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d’en prendre de plus convexes au bout d’un certain temps; mais dans ce cas, la maladie faisant des progrès avec l’âge, c’est plutôt à cette dernière cause qu a l’usage des verres qu’il faut rapporter cet effet. Quoi qu'il en soit, l’utilité de ces verres est bien supérieure aux inconvéniens qui leur sont attachés.
Les loupes, les microscopes, les lunettes de spectacle, les télescopes, etc., sont bien autrement dangereux. Presque toutes les personnes qui s’en servent habituellement, perdent prématurément la vue.
Art, XI. Conclusion.
Après avoir exposé quel est, sur la vue, le mode d’action des divers excitans auxquels elle est soumise, on doit savoir ce qu’il faut faire et ce que l'on doit éviter. De ce que nous avons dit, il est facüè de conclure qu’il faut éviter une lumière trop intense, ou trop faible; des couleurs trop éclatantes, ou trop sombres; le travail à la lumière artificielle, et sur des corps trop menus; le passage brusque de la lumière aux ténèbres, et surtout de celles-ci «à la lumière, d\me couleur vive à une couleur'opposée; l’action de certains narcotiques et de divers gaz méphitiques; une alimentation trop abondante ou trop téniie ; l’abus des liqueurs alcooliques; un air trop chaud, ou froid et humide; les évacuations trop abondantes; un exercice immodéré; le repos ou faction trop prolongés de l’œil; les passions violentes; l’usage habituel des lunettes, et surtout des lunettes composées, etc.