‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 26 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sons à l'octave l’un de l’autre ont tant de ressemblance, qu’on peut regarder l’un comme la répétition de l’autre. Aussi les désigne-t-on par le même signe.

Une échelle musicale est la série des sons successifs renfermés dans une octave. On en distingue trois: la diatonique composée de huit sons, la chromatique composée de treize et X enharmonique composée de vingt-quatre.

Lorsqu’on fait vibrer une corde, l’oreille distingué outre le son principal, plusieurs autres sons qu’on nomme concomitans, et dont la série est i, 2, 3, 4, etc. Il y a des personnes qui distinguent le son représenté par 7 ; mais la plupart du temps on ne distingue bien que le son principal et les sons 3 et 5, qui se confondent avec leurs octaves ÿ et -f-; c’est-àdire qu’on distingue le son principal, sa quinte et sa tierce majeure; ce qui paraît tenir à ce que l’oreillé ne fait pas de différence entre 1 , 2,4? etc.

Ce que nous ne pouvons passer sous silence c’est le mode , c’est-à-dire le ton dans lequel la pièce de musique est composée; la note qui le détermine se nomme tonique ; on nomme mode majeur celui où la tierce au-dessus de la tonique est majeure, mode mineur celui où la tierce au-dessus de la tonique est mineur. Le premier a quelque chose de gai, le second est sombre.

L’air est le véhicule ordinaire du son. Celui-ci ne se transmet pas à travers le vide ; il devient plus intense si l’air est condensé. On pense que le son se propage en rayonnant, en formant des cônes ana-

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logues à ceux que produit lu lumière; cette propagation a lieu par de véritables ondulations.

M. Lamarck, dans sa Philosophie zoologique, pag. 2.4'^ pense qu’il existe une matière sonore; nous ne ferions pas mention de celte opinion, passée sous silence par tous les physiciens, si elle n’était pas celle d’un homme aussi célèbre. « Les physiciens, dit-il, pensent ou disent encore que l’air atmosphérique est la matière propre du son, c’est-à-dire que c’est celle qui, mue par les chocs et les vibrations des corps, transmet à l'organe de l’ouïe l’impression des ébranlemens qu’elle a reçus. »

« C’est une erreur qu’attestent quantité de faits connus, qui prouvent qu’il est impossible à l’air de pénétrer partout où la matière qui produit le son pénètre réellement. »ll renvoie à son mémoire sur la matière du son, et il ajoute : « On a fait, depuis l’impression de mon mémoire, que l’on s’est bien gardé de citer, de grands efforts pour faire cadrer la vitesse connue de la propagation du son dans l’air, avec la mollesse des parties de l’air qui rend la propagation de ses oscillations trop lente pour égaler cette vitesse. Or, comme l’air, dans ses oscillations, éprouve nécessairement des compressions et des dilatations successives dans les parties de sa masse, on a employé le produit du calorique exprimé dans les compressions subites de l’air, et celui du calorique absorbé dans les raréfactions de ce fluide. Ainsi à l’aide des effets de ces produits et de leur quantité, déterminés par des suppositions appropriées, les géomètres rendent maintenant raison

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île la vitesse avec laquelle le son se propage clans l’air. Mais cela ne répond nullement aux faits qui constatent que ce son se propage à travers des corps que l’air ne saurait traverser ni ébranler dans ses parties. En effet la supposition de la vibration des plus petites parties des corps solides, vibration très-douteuse et qui ne peut se propager que dans des corps homogènes et de même densité, et non s’étendre d’un corps dense dans un corps rare, ni de celui-ci dans un autre très-dense, ne saurait répondre à un fait bien connu de la propagation du son à travers des corps hétérogènes et de densité ainsi que de nature très-différentes. » Nous ne pouvions taire une opinion aussi remarquable , mais il paraît qu’elle n’est pas adoptée , puisque ni M. Biot, ni M. Haüy, ni M. Beudant n’en font mention. Au reste, c’est M. de Laplace qui a fait les corrections sur la propagation du son , c’est à lui que s’adressent sans doute les reproches de M. Lamarck.

Le son se réfléchit comme la lumière et les corps élastiques, lorsqu’il rencontre un obstacle, en faisant l’angle de réflexion égal à l’angle d’incidence. Cette propriété explique fort bien l’écho, et plusieurs autres phénomènes.

Art. II. De l'ouie .

Dans la plupart des animaux, un appareil trèscompliqué est destiné à recueillir les sons, vraisemblablement à les modifier, et à les transmettre au

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cerveau. Un grand nombre d’objets dont l’usage n’est pas encore parfaitement connu le composent. M. Itard, qui vient de publier une monographie sur les maladies de l’oreille et de l’audition, donne une description complète de cet organe, tant chez l’homme que chez les animaux, description qu’il fait précéder de recherches historiques fort instructives sur la découverte des diverses parties qui constituent l’oreille; et que l’on doit étudier, si l’on veut avoir des notions exactes sur ce sujet. Nous devons nous borner ici à rappeler que cet appareil est composé de l'oreille externe, de l’oreille moyenne et de l’oreille interne : la première comprend le pavillon sur lequel on remarque cinq éminences, qui sont l'hélix, l'antèhélix , le iragus , b anlitragus et le lobule ; et trois cavités, celle de l’hélix, la fosse naviculaire et la conque. Elle comprend aussi le conduit auditif qui s’étend de la conque à la membrane du tympan. La seconde comprend la caisse du tympan , les osselets qui sont dans cette caisse, les cellules mastoïdiennes, le conduit guttural, etc. Ces osselets sont le marteau , l'enclume , le lenticulaire et l'étrier; ils forment une chaîne depuis la membrane du tympan jusqu’à la fenêtre ovale où est fixée la base de l’étrier. De petits muscles sont destinés à mouvoir cette chaîne et à tendre les membranes. La troisième enfin se compose du limaçon , des canaux demi- circulaires et du vestibule; ces cavités logent le nerf acoustique, qui naît du quatrième ventricule et dont la destination est de recevoir les sons transmis par l’appareil

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