DEUXIÈME PARTIE. ’J
sation , il ne produit rien, on ne doit pas tenir compte de son effet. On doit en dire autant de la prétendue transmission au cerveau : cette transmission n’est rien, si elle n’est perçue par le centre sentant. Ainsi l’impression et la sensation sont deux mêmes choses, dans le cas où la première est perçue ; si elle n’arrive pas à la conscience, elle n est rien. De ces trois termes on ne doit donc conserver que celui de sensation , à moins qu’on ne regarde celui d'impression comme synonyme. Pour faire voir plus clairement encore l’inutilité de cette expression , posons un exemple : la lumière arrive sur l’œil, le traverse et parvient sur la rétine, c’est là qu’elle produit l1 impression; mais je suppose que la rétine ne soit pas sensible à la lumière, y aura-t-il impression? si on répond par l’affirmative, il est évident que cette impression est la même pour tous les corps insensibles de la nature ; si on répond par la négative, on admet que la sensibilité est nécessaire pour qu'il y ait impression : or, cette sensibilité est dans le cerveau et non dans le nerf, et mise en jeu elle constitue la sensation; donc, dans ce cas, l'impression et la sensation sont identiques. Quoi qu’il en soit, il nous suffit d'avoir signalé ce défaut de dialectique : il nous arrivera même de sacrifier quelquefois à l’usage. jNous livrons ces réflexions aux idéologues.
Les sens étant destinés à nous mettre en rapport avec 1 univers, il s’ensuit que tous les corps de la nature sont capables de les exciter, mais chacun d’eux est susceptible d'une excitation spéciale. Il existe des
8 cours d'hygiène.
corps qui agissent sur plusieurs sens à la fois. Lorsque l'action d’un agent extérieur est nouvelle , elle est ordinairement vive; lorsqu’elle est répétée, elle diminue de vivacité. Cependant on remarque que l’excitation modérée des sens augmente leur délicatesse et leur énergie, qu’elles s’émoussent par des excitans trop forts, ou par l’inaction. Toute éducation est fondée sur cette observation que les sens et les autres organes se développent par l’exercice et par l’habitude bieu ordonnés.
La perfection des sens est du plus grand intérêt pour le développement de l’intelligence, nous devons donc mettre tous nos soins à conserver et à perfectionner ces instrumens précieux de nos connaissances. On a cependant fait remarquer que beaucoup d’indi vidus dont les organes des sens n’étaient pas doués d’une grande finesse, n’en avaient pas moins beaucoup d'intelligence et de pénétration : les idéologues en ont conclu que nos connaissances avaient une autre origine; les physiologistes ont attribué cet effet à la bonne organisation du cerveau, auquel on ne peut refuser de jouer le rôle le plus important dans la production des phénomènes intellectuels. Nous aurons vraisemblablement occasion de revenir sur ce sujet, sans contredit le plus intéressant qui puisse fixer l’attention du philosophe .
§ I. De la vue et de la lumière.
Quoique toutes les productions de la nature soient également dignes d’admiration, que l'insecte invi-