‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 33 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

les fluides qui nous constituent, en leur communiquant un véritable ébranlement qu’on a comparé à celui de l’escarpolette ou à tout autre exercice passif. Roger consacre son deuxième chapitre à démontrer cette opinion. Après avoir exposé tous les faits de physique qui prouvent la transmission des vibrations sonores d’un corps dans un autre, il conclut qu’à l’aide de ces données, on peut expliquer ces frémissemens dans les entrailles, ces horripilations, ces sensations confuses de douleur et de plaisir, que nous éprouvons à l’occasion de certains sons. Nous pensons que tous ces phénomènes trouvent leur explication naturelle dans l’influence de la musique sur les organes de la sensibilité, et que si les vibrations communiquées aux diverses parties du corps leur font éprouver quelques modifications, elles sont d’une importance bien secondaire.

Nous n’avons considéré jusqu’ici la musique que sous le rapport de son utilité ; mais comme ce n’est pas son éloge seul que nous sommes chargés d’écrire, nous commettrions une faute grave si nous passions sous silence les inconvéniens qu’elle peut entraîner. Or l’expérience nous apprend que la culture immodérée de la musique peut occasioner la plupart des maladies, mais surtout celles qui dépendent d’une exaltation ou d’une perversion des organes de la sensibilité. Les gens du monde ont souvent remarqué qu’en général les artistes, et plus particulièrement les musiciens, avaient au moins un caractère fort original; que beaucoup étaient mélancoliques, ma-

66 coufis d’hygiène.

iliaques. Le célèbre Mozart et J.- J. Rousseau peuvent être cités en exemple. L’hypocondrie, l’hystérie, l’épilepsie, et la classe si nombreuse et si variée des spasmes, semblent leur être dévolues, ainsi que le prouve M. Ealret dans un ouvrage récent sur l’hypocondrie, ouvrage dont ses lecteurs ont apprécié la juste valeur. La plupart sont doués de la constitution où domine l’encéphale et ses dépendances, et chez eux cette constitution est souvent acquise.

Art. Y. Effets des divers agens de l'hygiene sur l'ouïe.

Nul doute que la plupart des puissances de l’hygiène n’agissent sur l’oreille et l’ouïe comme sur l’oeil et la vue. L’ouvrage de M. Itard contient une multitude d’observations propres à confirmer cette vérité.

La pléthore a souvent été signalée par cet estimable auteur comme la cause de la plupart des affections de l’ouïe ; s’il en est ainsi , l'on conçoit qu’une alimentation trop abondante en produisant une hématose exubérante doit occasioner ces affections. En effet les bruits, les sifflemens, les tintemens, les murmures, les bonbemens, les bourdonnemens de toute espèce peuvent être le résultat d'un régime trop réparateur.

Le régime contraire pourrait affaiblir l’ouïe, si l’abstinence était portée au point de déterminer l’anémie. Je n’en connais pas d’exemples bien avérés.

Mais ce qui produit les accidens dont je viens de parler d’une manière bien prompte, c’est sans cou-

Page 1