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DEUXIÈME PARTIE

reuse. Cette disposition de l’ouïe, lorsqu’elle est idiopathique, est extrêmement rare. Lorsque les moyens thérapeutiques ont échoué, on conseille de tamponner le conduit auditif externe, afin de soustraire l’oreille à l’action douloureuse des ondes sonores : je pense qu’ici comme dans l’exaltation de la vue, il est préférable d’exercer peu à peu l’organe à l’impression de son excitant naturel. La musique me paraît devoir produire dans ce cas des résultats d’autant plus avantageux, que les malades paraissent l’entendre avec plaisir.

Art. VIL De la paracousie.

La paracousie comprend les différens troubles de l’audition, phénomènes précurseurs de la surdité. Plusieurs de ces accidens, à cause de leur permanence, me semblent être du ressort de l’hygiène. Mais parmi ces troubles, ceux qui nous concernent d’une manière plus spéciale sont ceux que M. Itard a désignés sous le nom d 'anomalies acoustiques.

Les sons font quelquefois sur l’oreille une impression différente de celles qu’ils produisent dans l’état naturel, sans que néanmoins la sensibilité de l’organe paraisse sensiblement augmentée ou diminuée. L’oreille alors devient fausse , si toutefois elle était juste auparavant. Un acteur a présenté l’anomalie suivante : toutes les fois qu’il voulait chanter dans le haut, les sons de sa voix produisaient une sensation confuse qui le faisait continuellement détonner. Les

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mêmes sons tirés d’un instrument produisaient le même effet, si l’instrument n’était pas éloigné; à une certaine distance, la perception était nette.

Une dame sujette à Fotalgie, après un couche laborieuse éprouvait une sensation particulière par certains sons aigus ou graves; cette sensation était comparable à celle qu’elle aurait éprouvé, si tout à coup, pour lui faire entendre ces sons, on lui eût placé dans l’oreille un cornet acoustique , qu’on eût retiré aussitôt après. Pour suivre de la musique ou une conversation générale, cette dame est obligée de se bouclier l’oreille malade; mais depuis, elle ne peut chanter.

Quelquefois pn entend un son double. Un donneur de cor, au rapport de Sauvages, entendait le son qu’il tirait de son instrument, plus un son du même rhythme, mais tout différent, ce qui lui rendait l’oreille double. Ce n’était pas un écho, puisqu’il se faisait entendre simultanément; ce n’était pas deux sons consonnans, ils eussent été agréables; ce n’était pas deux sons à l’octave l’un de l’autre, ils auraient produit la douceur d’un véritable accord : au contraire cette discordance était si désagréable, que le musicien fut obligé d’abandonner son instrument.

Ordinairement cet effet dérive de ce que les deux Oreilles modifient différemment les sons. En bouchant l’une ou l’autre on entend un son simple, aigu, grave, ou naturel.

Ces faits semblent bien prouver que le vice de l’audition connu sous le nom d’oreille fausse, réside

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