‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 36 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

dans une altération de 1 appareil acoustique : cependant je pense que dans quelques circonstances ce défaut a aussi’ son siège dans la portion du cerveau qui préside à la perception des sons. Il est en effet des gens qui ont l’oreille fausse , et dont 1 audition , parfaitement égale des deux côtés, est d’une finesse excessive. Ils n’éprouvent que peu ou point de plaisir à entendre de la musique; ils ne peuvent juger de la concordance ou de la discordance des sons, et n’ont que peu ou point de mémoire pour les airs; ils les oublient aussitôt qu'ils les ont entendus, quelque simples qu’ils soient d’ailleurs. Ces personnes chantent faux , et n’en ont pas la conscience , n’en éprouvent aucune impression pénible, car elles se corrigeraient. Leur larynx est cependant bien conformé, leur prononciation est nette et pure, le timbre de leur voix sonore et agréable, leur déclamation juste et leurs intonations dans le discours toujours d’accord avec les passions qui les animent. Ce n’est donc pas dans la mauvaise conformation du larynx qu’il faut chercher la cause de la voix fausse (i).

Il est donc des cas où la fausseté de la voix et de l’oreille dépendent de la mauvaise conformation du centre de perception. Il est très-important d’établir

(i) Si la fausseté de la voix était dans le larynx seulement, l’oreille en serait péniblement affectée. Si elle n’était que dans l’oreille, en rendant scrupuleusement les sons tels qu’on les aurait entendus, on ohanterait juste.

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ici cette différence : car si la fausseté de l’oreille a son siège dans l’organe seulement, on pourra la corriger en condamnant l’oreille malade, et d’ailleurs la maladie qui l’occasionne pourra se guérir; si elle a son siège dans le cerveau, il est probable alors que la partie qui préside à l’audition est peu développée, et l’on peut espérer que l’exercice corrigera ce défaut. Il ne faut donc pas désespérer d’un enfant dont les premiers essais ne seraient pas heureux. Si beaucoup sont restés toute leur vie privés du doux plaisir que procure la musique, ils ne le doivent qu’à ce qu’on a négligé de développer chez eux par la culture l’organe de l’audition. Négligence bien coupable puisqu’on ne saurait adoucir par trop de moyens les peines amères et sans nombre dont notre carrière est semée! Ce n'est qu'après des essais multipliés et long- temps infructueux qu’on pourra renoncer à perfectionner ce sens.

Les autres perversions de l’ouïe sont du ressort de la pathologie.

Art. VIII. De la dysècée.

Quelle que soit la cause qui a déterminé la dysécée, dès le moment où tous les moyens thérapeutiques ont été mis en usage sans succès, cette infirmité appartient à l’hygiène.

Lorsqu’il s’agit de traiter de la surdité, il est de Ja plus rigoureuse nécessité de connaître à quelle cause ce genre d’altération organique est dû ; il est

alors de la plus haute importance de savoir si la difficulté d’entendre est le résultat d’un écoulement uniforme, d’une ulcération, d’une carie de l’oreille, d’excroissances ou de concrétions dans le conduit tmditif, d’oblitération et d’élargissement de ce conduit, d’épaisissement ou de perforation du tympan, de la disjonction ou de l’issue des osselets , de l’obturation de la trompe d’Eustaehi, de l’engouement de l’oreille interne, de la congestion de sang dans cette cavité, de la compression du nerf auditif, de la pléthore , etc. , parce que le succès du traitement dépend de cette connaissance; à moins qu’on n’aime mieux dire qu’il faut traiter le polype auriculaire et la concrétion du conduit, comme son catarrhe ou son oblitération, puisque les uns et les autres sont le résultat de V irritation ; que dès lors il est inutile d’extirper le polype , d’extraire la concrétion ou de dilater l’oreille, et que les sangsues doivent suffire dans tous ces cas. Mais , lorsqu’on a employé toutes les ressources de l’art, peu importe la cause de la surdité, il faut seulement alors chercher à faciliter la perception du son. Nous ne parlons ici que de la surdité incomplète plus ou moins prononcée ; pour ce qui est de la cophose, les moyens de l’hygiène sont parfaitement inutiles.

Art. IX. Des moyens propres a recueillir ou a renforcer les ondes sonores.

Iæ surdité est une incommodité tellement fâcheuse,

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elle entraîne avec elle de si grands inconvéniens , que nous ne saurions apporter trop de soins à corriger ce défaut. S’il survient chez l’adulte ou le vieillard, il leur ote un de leurs plus précieux moyens de communication; s’il arrive chez un sujet en bas âge, nonseulement il prive l’enfant de la perception des sons, mais il empêche l’articulation de la parole, et le condamne à un véritable idiotisme. L’intelligence étant le résultat du nombre d’idées que nous pouvons avoir, il est clair qu’elle sera en raison inverse de ce nombre, et que si nous sommes privés de bonne heure de ce moyen d’en acquérir, elle sera plus ou moins imparfaite.

On a dit que la surdité influait aussi sur le caractère; que les sourds étaient habituellement tristes, et qu’ils l’étaient même plus que les aveugles. Cette opinion n’est si généralement admise que parce qu’on les a jugés au sein de la société ; alors il n’est pas surprenant que celui qui n’y voit pas, mais qui entend et peut prendre part à la conversation, soit moins taciturne que celui qui n’entend rien et qui se trouve ainsi isolé au milieu du monde; mais qu’on les déplace, qu’on les mette l'un et l’autre dans la solitude ou qu’on leur présente quelque monument imposant, quelque chef-d’œuvre de peinture, ou mieux encore le spectacle majestueux d’une belle nature, alors le sourd ne sera pas le plus triste et le plus à plaindre : et nous avons bien plus d'occasions d’exercer nos yeux que nos oreilles.

* On a imaginé plusieurs moyens pour aider l’audi-

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