DEUXIÈME PARTIE
tion ; les plus généralement employés sont les cornets acoustiques. La physique est loin d’avoir porté dans ces instrumens la rigueur, la précision auxquelles elle est parvenue pour la confection des instrumens d’optique. Que sont en effet les faibles résultats qu’on obtient d’une espèce de porte-voix imparfait comparés à ceux que donnent , je ne dirai pas nos lorgnettes et nos télescopes, mais les plus simples verres ?
On ne sait pas à quelle époque remonte la découverte des cornets acoustiques, M. Itard pense qu’ils étaient connus des anciens; ce qu’on rapporte du traitement de la surdité par Asclipiades au moyen de la trompette, doit s’entendre de l’emploi seulement d’une espèce de porte-voix , pour aider dans leurs fonctions des oreilles frappées d’unes surdité incomcomplète.
Beaucoup de physiciens, sentant toute l’imperfection de nos instrumens, se sont efforcés de les améliorer. La plus grande difficulté n'est pas de rendre le son plus fort, on y parvient assez facilement, mais c'est de le rendre en même temps plus clair. Une certaine confusion accompagne toujours l’augmentation de la force du son par les moyens artificiels. Les instrumens acoustiques ne produisent cependant pas les mêmes effets sur toutes les espèces de sourds. Il en est qui, par l’intensité du son qu’ils produisent, donnent une sensation confuse pour quelques individus sourds à un certain degré, tandis qu’ils ne nuisent en rien à la perception de ces mêmes sons
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pour d’autres individus sourds à un degré différent. Les instrumens les plus retentissans ne sont donc pas toujours les meilleurs comme on pourrait le croire, ils doivent être proportionnés au degré de dysécée, et même à des circonstances impossibles à déterminer. Il suit de là qu’il est impossible d’établir a priori les formes, les dimensions à donner à l’instrument pour telle ou telle espèce de surdité, et que ce n’est qu’après plusieurs tâtonnemens que le sourd peut trouver celui qui lui convient.
Toutes les matières ne sont pas également propres à la confection des cornets acoustiques. Pérolle pensait que les substances ligneuses étaient le plus éminemment douées de la force de propagation; que les métaux ne tenaient que le second rang : mais il parait que pour la voix le contraire a lieu. L’argent, le cuivre, le fer-blanc, paraissent préférables aux autres. Des essais tentés avec la composition des cloches n’ont pu réussir, parce que l’ouvrier avait mal suivi les dispositions prescrites.
Les indications données par la physique n'ayant conduit qu’à des résultats peu satisfaisans sous le rapport de la forme à donner aux instrumens acoustiques, M. Itard a pensé qu'en imitant la structure des parties de l’organe de l’audition qui paraissent influer le plus sur le son, il parviendrait plus sûrement au but qu’on se proposait. Il a donc fait exécuter des appareils contenant une excavation représentant la caisse de tambour, séparée du pavillon par une espèce de diaphragme, destiné à rendre le son plus