‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 39 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ce conducteur appliqué aux dents, de le soutenir avec la inain, doit gêner beaucoup l’articulation et la transmission du son; on y substitue avec avantage un tube en bois, évasé à Tune de ses extrémités destinée à recevoir la voix, et terminé à l’autre en bec de flûte, pour être mis entre les dents de la personne sourde. Cet instrument, de forme conique, doit être suspendu au plafond, ou soutenu au moyen d’une fourche fixée sur le plancher. Les parois de ce conducteur doivent être épaisses de deux pouces au moins.

On peut réunir dans le même appareil la double propagation du son et par le conduit auditif et par l’ébranlement des os du crâne. C’est, à proprement parler, un réceptacle de son formé par deux calottes métalliques réunies par leurs bords et écartées par leurs faces correspondantes. L’une s’applique exactement sur la voûte du crâne, et la touche dans tous les points; l’autre, beaucoup plus saillante et par conséquent plus concave que la première, s’en trouve écartée vers son centre de près da trois pouces. La cavité qui résulte de cet écartement présente, du côté du front, une ouverture oblongue garnie d’un pavillon demi-circulaire; et, du côté des tempes, un conduit va gagner le méat auditif. Cet appareil ne convient qu’à certains individus; il a l’avantage d’être toujours en place, et, pour les femmes, celui d’être facilement déguisé sous un bonnet léger. (Ouv. cité, page 78 à 97.)

Lorsque la surdité est congéniale, ou qu’elle est survenue dans les premières années de la vie, elle

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entraîne avec elle, avons-nous dit, la perte de la parole. On a long-temps cherché dans les organes de la voix la cause de la mutité, au lieu de la rapporter simplement à la privation de l’ouïe : comment des individus auraient-ils pu reproduire des paroles qu’ils n’avaient jamais entendues? Depuis Hippocrate et Aristote jusqu’à Ambroise Paré inclusivement, la véritable cause de la surdi-mutité a été inconnue. Un bénédictin espagnol la découvrit à cette époque ; et Vallis, médecin de Philippe II et ami de ce religieux, la communiqua au monde savant.

Cet état de l’audition, ayant résisté aux diverses ressources de la médecine, est encore susceptible d’être amélioré par une sorte d’éducation physiologique. Il faut lire dans l’ouvrage de M. Itard les tentatives nombreuses auxquelles il s’est livré pour parvenir à rendre la parole à certains sourds et muets. Rien ne nous paraît plus digne d’éloges que la persévérance qu’il a mise dans ses travaux éminemment philantropiques. Cette partie de son ouvrage n’est pas susceptible d’analyse. Quant à l’éducation intellectuelle et morale de ces infortunés, on devra lire le Cours d’instruction d’un sourd-muet et la Théorie des signes de l’abbé Sicard, où cet instituteur expérimenté a consigné les éléincns de cet art précieux.

Art. X. Conclusion.

Chacun peut aisément déduire de ce qui précède les effets des diverses espèces de son sur l'oreille et

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