DEUXIÈME PARTIE. 8l
sur l’économie animale. Bien que nous ayons passé rapidement sur les objets nombreux que nous avons eu à examiner, nous pensons en avoir dit assez pour faire connaître au lecteur les règles à suivre relativement à l’organe de l’audition : nous avons signalé les choses nuisibles ou avantageuses ; l’application ne saurait présenter aucune difficulté.
§ III. De l'odorat et des odeurs.
Sous le titre d’ Osphrésiologie, M. H. Cloquet, que distingue une grande variété de connaissances, a donné au public un traité complet des odeurs, du sens et des organes de l’olfaction; nous allons puiser dans cette mine féconde tout ce qui nous paraîtra convenable au sujet que nous traitons dans ce paragraphe : notre tâche sera douce et facile.
Une vapeur légère et subtile s’élève incessamment de la surface des corps, et se répand dans l’atmosphère. Elle est invisible, impalpable, impondérable, incoercible; presque aussi peu matérielle que le calorique et la lumière, elle échappe à tous nos moyens explorateurs : cependant un appareil particulier, disposé avec un art infini par les mains de la nature , recueille ces émanations fugitives, en porte l'impression au cerveau. Le sens de l 'olfaction est celui qui met la plupart des animaux en rapport avec ces molécules déliées. Beaucoup d’entre eux ont certainement plus de finesse que l’homme dans l’odorat : ils sentent à des distances plus grandes qu’ils ne voient;
8a cours d'hygiène.
ils sont avertis non-seulement de très-loin des corps présens, mais ils en reconnaissent les traces longtemps après qu’ils sont passés.
Les sens de l’olfaction et de la gustation ont entre eux les connexions les plus intimes ; ils sont affectés spécialement à la nutrition : on pourrait les appeler les sens de la vie organique. J. J. Rousseau, Cardan et Zimmermann se sont donc trompés lorsqu’ils se sont efforcés d’établir que l’odorat était le sens de l’imagination. C’est l’odeur des alimens qui attire vers leur proie la plupart des animaux , et l'homme lui-même est agréablement frappé de l’odeur des mets destinés à satisfaire son appétit. Néanmoins cette règle souffre plusieurs exceptions. Certaines substances d’une odeur suave n’ont qu’une saveur légère; plusieurs sont douées de propriétés malfaisantes ; d’autres, au contraire, d’une odeur fétide et repoussante, sont d’un goût délicieux. Malgré ces exceptions, on peut établir, sur les données que fournit l’olfaction, des règles hygiéniques assez sûres.
L’un des principaux usages de l’organe de l'odorat est de faire reconnaître les qualités de l’air qui doit servir à la respiration. Son siège, situé à l’entrée des voies aériennes, semble attester cette destination.
Mais l’odorat fournit à l’homme de bien douces jouissances ; il rappelle de tendres souvenirs. Les poètes érotiques n’ont pas oublié de chanter le parfum des fleurs; ils ont conseillé de chercher à séduire ce sens dans l’objet d’une vive affection : l’impression