DEUXIÈME PARTIE
sible qui rampe sous l’herbe ne soit pas moins merveilleux que l’énorme baleine qui semble régner sur l’Océan; que le grain de sable que nous foulons aux pieds doive autant nous surprendre que ces globes innombrables qui l’oulent dans l’immensité , sous l’empire des lois immuables, éternelles, on ne peut cependant se défendre d’un degré différent d’étonnement à l’aspect des phénomènes qu’elle nous présente. Le mécanisme admirable de la vision est sans contredit un de ceux qui doivent nous causer le plus de surprise. Un organe d’une incroyable perfection, situé à la partie la plus élevée du corps , comme pour s’étendre au loin et dominer l’horizon, est destiné à recevoir les rayons lumineux, à les modifier de telle sorte que l’image des corps d’où ils émanent va se peindre sur une membrane sensible qui en transmet l’impression au cerveau. Une foule de précautions ont été prises pour protéger cet instrument précieux. Entouré de tous côtés de saillies osseuses destinées à le défendre de l’action des agens extérieurs , surmonté de sourcils, véritables gardes-vue dont l’usage évident est de modérer l’intensité de la lumière sidérale, il est encore couvert de voiles mobiles qui par leur action continuelle balayent les corpuscules qui vont se poser sur le globe de l’œil : voiles qui par leur abaissement interrompent encore par instant la vision et procurent ainsi un léger repos si nécessaire à l’exercice des sens, étendent uniformément les larmes et l’humeur de Meïbomius qui, après avoir lubréfié la conjonctive, vont humecter la pituitaire; voiles qui,