‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 42 sur 207 · DEUXIÈME partie · texte numérisé non relu

DEUXIÈME partie

Fourcroy les divisait en cinq genres :

Premier genre. Odeurs extractives ou muqueuses .

Elles sont faibles, herbacées, peu durables; l’eau qui en est chargée tient en dissolution un extrait ou un mucilage. Telles sont les eaux distillées de bourrache, de laitue, de plantain, etc.

Deuxième genre. Odeurs huileuses fugaces.

Elles sont insolubles dans l’eau; mais les huiles fixes peuvent s’en charger. C’est à ce genre que se rapporte l’odeur de la tubéreuse, du jasmin, de la jonquille, du réséda, etc.

Troisième genre. Odeurs huileuses volatiles.

On les rencontre très-communément : elles se dissol vent dans l’eau froide, et surtout dans l’eau chaude ; mais principalement dans l’alcohol, qui les enlève à l’eau. Toutes les labiées donnent des odeurs de ce genre. Tels sont le romarin, la lavande, le thym.

Quatrième genre. Odeurs aromatiques et acides .

Elles rougissent les couleurs bleues végétales, et souvent renferment de l’acide benzoïque. L’odeur de la vanille, du baume de Tolu, de la cannelle, du benjoin, du storax, etc., est dans ce cas.

Cinquième genre. Odeurs hydro-sulfureuses.

Elles précipitent en brun ou en noir les solutions métalliques; elles sont fétides. Le raifort, le cochléaria, le cresson et toutes les crucifères ont ce genre d’odeur.

Beaucoup d'autres tentatives plus infructueuses encore ont été faites à ce sujet; nous les passerons, sous silence.

88 cours d’hygiène.

Les effets que les odeurs produisent sur l’économie animale sont infiniment variés. Elles agissent d’abord sur le sens de 'l’olfaction, ensuite sur le système nerveux tout entier. Leur action est passagère ou durable, et leur résultat différent dans ces diverses circonstances.

Une fouie de fables ont été débitées sur les effets des odeurs; nous allons nous efforcer de démêler la vérité du milieu de ce chaos.

On a parlé des propriétés nourrissantes et médicamenteuses des odeurs; il est impossible d’ajouter foi à ces contes puérils. Si des personnes ont pu vivre entourées de substances odorantes, cet effet doit être attribué aux émanations nourrissantes que répandaient ces substances, et à leur absorption soit au moyen de la déglutition, soit au moyen de la respiration.

Les odeurs produisent l’éternument ou les larmes, la joie ou la tristesse, la gaieté ou la taciturnité, le sommeil ou l’insomnie, la céphalalgie ou un état de bienêtre indicible.

Bien des personnes s’imaginent que les odeurs leur sont nuisibles. Un auteur rapporte qu’une dame s’évanouit en recevant la visite d’une de ses amies qui portait une rose; cette fleur n’était pourtant qu’artificielle. Mais ce n’estpas à tort qu’on penseque les odeurs, même les plus suaves, peuvent nuire aux nouvelles accouchées. Je connais une jeune dame qui a éprouvé il y a peu de temps les accidens cérébraux les plus graves, parce qu’une amie, qui avait sur elle quelque odeur,

Page 1