‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 43 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

l’avait visitée vingt-quatre heures après sa délivrance; on désespéra de ses jours : un état comateux, accompagné de convulsions, avait été le résultat de cette imprudence.

Les émanations d’opium, de jusquiame, de stramonium, de pavots et de beaucoup de solarium , causent le sommeil. Si l’on se repose à l’ombre d’un noyer ou d’un sureau, il est rare qu’on ne tombe pas dans un profond sommeil, et même qu’une céphalalgie intense n’en soit pas la suite. La bétoine , dans les fortes chaleurs, enivre les personnes occupées à l’arracher. Une femme éprouvait une vive céphalalgie dès qu’elle sentait des vapeurs de soufre. Selon Boyle, un de ses amis ayant fait piler de l’ellébore noir, tous ceux qui étaient dans la chambre furent purgés. On trouve dans les auteurs une foule de faits de cette nature; on serait porté à en révoquer l’exactitude , si tous les jours on ne voyait des nausées et des vomissemens être produits par l’odeur de substances bien justement nommées nauséabondes. M. Orfila cite l’exemple d’une dame qui ne peut se trouver dans un lieu où l’on prépare une décoction de graines de lin, sans éprouver quelques instans après, à la face, une tuméfaction considérable, suivie d’une syncope. M. H. Cloquet a fait une observation semblable. Des hémorrhagies nazales et l’inflammation de la membrane pituitaire peuvent être produites par l’impression de certaines odeurs, par exemple, celle du musc fraîchement retiré de la poche de l’animal qui le porte. L’aliénation mentale passagère ou durable ,

go cours d’hygiène.

continue ou intermittente, a suivi l’inspiration dé la fuinée de jusquiame. Arétée a vu l’épilepsie causée par quelques odeurs. Les cantharides ont occasioné des vertiges , et bien souvent des personnes qui s’étaient endormies sous un arbre qui en était chargé se sont éveillées avec la fièvre. J’ai de la peine à croire que l’atmosphère empestée du mancenillier suffise pour tuer des hommes.

Il est cependant hors de doute que des vapeurs arsénicales ont donné la mort ; c’est ainsi que mourut le célèbre Dippel. Mais croirait-on que le pape Clément VII ait été tué par la fumée d’une torche qu’on portait devant lui? Par quel privilège celui qui portait la torche, et les autres spectateurs, n’éprouvèrentils aucun accident ? Nous devons beaucoup nous défier des empoisonnemens merveilleux produits au moyen des odeurs que les historiens d’une certaine époque ne cessent de rapporter. Voltaire les ajustement révoqués en doute.

Les émanations des substances animales en décomposition sont quelquefois la cause des plus grands ravages; mais est-il vrai que ce soit seulement par leur action sur l’odorat? Que des épidémies meurtrières aient été produites par ces causes, nul doute; mais c’est, nous pensons, en agissant principalement sur la respiration.

Il existe un grand nombre de fleurs odorantes dont les émanations portent sur les organes de l’innervavation une action directe très-énergique, et souvent funeste. Il n’est pas sans danger de laisser la nuit,

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