Ç)2 COURS D’HYGIÈNE
remédier aux accidens produits par les émanations odorantes; faire respirer un air frais et pur; faire sur le corps des aspersions froides; faire respirer des gaz d’acide acétique ou d’acide chlorique; faire avaler quelques potions stimulantes, sont les moyens que l’on doit sur-le-champ mettre en usage.
Si les odeurs agréables produisent les effets funestes dont nous venons de parler , bien souvent aussi elles servent à multiplier nos jouissances , soit en nous procurant des sensations voluptueuses, soit en rendant plus exquises celles que nous éprouvons déjà. C’est l’abus qu’il faut redouter. Les anciens , plus avides que nous de toutes les impressions qui excitaient le plaisir , faisaient un très-grand usage de parfums. L’Asie, l’Afrique, la Grèce et Rome, en furent prodigues. Les parfums d’Orient, et surtout de l’Arabie heureuse, étaient les plus recherchés. La passion des odeurs est aujourd’hui la même chez les peuples d’Asie , qu’elle était dans l’antiquité. Dans Athènes , le goût des parfums était si général , que les boutiques des parfumeurs étaient aussi multipliées que nos cafés, et que l’on allait au parjitm , selon Barthélemy, comme on va au café de nos jours. C’étaient des lieux de rassemblemènt où les Athéniens allaient entendre et débiter des nouvelles ; il n’était pas jusqu’au cynique Diogène qui ne les fréquentât. Ils brûlaient des parfums dans leur repas, dans leurs temples; ils en arrosaient leur chevelure, et chaque partie du corps avait son parfum particulier. Leurs vins étaient parfumés; les murs de leurs habitations, leurs couches,