DEUXIÈME PARTIE. g
Ijü finesse de 1 odorat semble dépendre de beaucoup de circonstances, parmi lesquelles l’organisation première et la manière de vivre tiennent le premier rang. L’impression des odeurs trop fortes émousse ce sens, comme la violence des autres excitans diminue la sensibilité des organes chargés de les percevoir. Quant à ce qu on a dit de la perfection que le jugement trouvait dans 1 habitude de sentir, nous renvoyons le lecteur à ce qui a été écrit, tome I, page 168. Ce qu’il y a de positif, c’est qu’on finit par devenir insensible aux odeurs les plus infectes comme aux odeurs les plus suaves, lorsqu’on est continuellement soumis à leur influence.
Le sens de 1 olfaction est sujet aux aberrations les plus singulières. Quelques personnes sont poursuivies par des odeurs qui n’existent pas; d’autres attribuent à des odeurs qui existent réellement un caractère qu’elles n’ont point.
Nous avons considéré l’organe de l’olfaction comme siège d’une exhalation muqueuse importante; nous ne reviendrons pas sur ce sujet. Si l’on désirait, sur les organes de l’olfaction, sur les odeurs et leurs effets, des détails plus étendus, on les trouverait dans l’ouvrage de M. H. Cloquet.
§ 1Y. Du goût et des saveurs.
En considérant l’homme en santé, l’homme bien oiganise, il est impossible de ne pas reconnaître qu’il a été doue par la nature de tous les élémens de plaisir
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et de bonheur. Tous les sens sont pour lui des sources intarissables de jouissances. Nous venons de voir l’ouïe, la vue et l’odorat se disputer, pour ainsi dire, à qui lui ferait éprouver les plus douces sensations , et nous allons voir le goût et le toucher, leur céder peu de chose sur ce point. Cependant voyez avec quelle indifférence il use de ces facultés, avec quelle prodigalité il les consume! Et pourtant quelles plaintes amères ne sortent pas de sa bouche, lorsque ses excès ou ses imprudences lui ont justement ravi quelques-uns de ces avantages! Ne diraiton pas que l’ingratitude est son essence, ou qu’il n’a été formé que pour être sensible à la douleur? Aussi ne rencontrons-nous que des êtres malheureux; il est peu d’individus qui n’aient désiré la mort. Mais le malheur, né le plus souvent de nos passions et de nos vices, est le fruit empoisonné que porte l’état social; notre sensibilité exaltée ou plutôt pervertie, nos besoins factices; l’ambition, l’amour-propre, l’amour de la gloire, inconnus de l’enfance de société, sont la cause de nos infortunes et nous rendent insensibles au simple bonheur des sens. Mais ils nous offrent de grandes compensations, et gardons-nous de dire : « Tout est bien en sortant des mains de la nature, tout dégénère dans les mains de l’homme? »
Quoi qu’il en soit de ces considérations, examinons l’effet des saveurs sur les sens du goût qui les reçoit, sur le cerveau et sur l’économie animale.
Indépendamment des qualités physiques des corps dont les sens de la vue et de l’ouïe nous instruisent,