‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 51 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. Io · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. Io

tous les autres. Cette éducation consiste à l’exercer dans de justes bornes ; car un exercice immodéré l’use, et l’inaction empêche son développement. La culture lui fait acquérir une délicatesse extrême. 11 n’est pas rare, dit-on, de trouver des personnes qui, non -seulement reconnaissent les vins de chacun des terroirs différens qui les a produits, mais encore assignent et la propriété où on les a récoltés , et l’année qui les a vus naître. Pour cela il faut une véritable élude. On évitera les substances trop sapides, pelles qui par leur nature épaississent l’épiglossis; on arrêtera long-temps son attention sur les saveurs, et à des reprises fréquemment réitérées.

Indépendamment du but d’utilité que nous avons assigné à l’organe du goût, il est encore la source de jouissances très -vives et très - multipliées. Mais les plaisirs qu’il nous procure, deviennent surtout très-vifs à un époque où la nature commence à nous en refuser de plus doux; il semble qu’elle ait voulu nous ménager un dédommagement à la perte qu’elle nous fait éprouver. Ces sortes de jouissances n’ont rien de bien noble, et l’on n’en fait l’aveu qu’avec une certaine pudeur.

Enfin, dans les maladies, la nature nous ôte le goût ou le pervertit. Ne semble -t-elle pas nous défendre, par cette précaution salutaire, d’introduire dans le ventricule de nouvelles matières capables , lorsqu’elles ont été digérées et absorbées, d’aller porter sur les organes irrités et engorgés, de nouveaux matériaux d’engorgement et d’irritation? ne semble-t

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elle pas nous apprendre que la diète est le moyen le plus puissant de favoriser la résolution des maladies, par l’activité qu’elle donne à l’absorption interstitielle? etc.

§ V . Dit toucher, du tact et des propriétés tactiles des

corps.

Le sens dont nous allons parler est celui dont le mécanisme est le plus simble, ce n’est pourtant pas celui qui nous fournit le moins d’idées. Il nous instruit de la forme des dimensions, de la consistance du poids, de la température des mouveinens des corps, etc. Le tact est répandu, avec quelques modifications sur toute la surface du corps, on prétend qu’il s’exerce par les membranes muqueuses , et même par tous les organes sensibles, ce quia donné lieu de le confondre avec la sensibilité générale; il nous semble qu’il est plus convenable de ne le reconnaître qu’à la peau et à l’origine des diverses membranes muqueuses. Le toucher diffère du tact général en ce qu’il s’exerce principalement par la main; c’est le tact uni à la volonté, à la locomotion, c’est le tact actif, s’il est permis de s'exprimer ainsi.

Les organes destinés au toucher remplissent en même temps d'autres fonctions, ce qui établit entre les autres sens et celui-ci une différence très-grande.

La peau est considérée comme l’appareil nécessaire à l’exercice du tact et du toucher; elle forme l’enveloppe extérieure du corps, et se continue avec

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