‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 52 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. Iü · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. Iü

les membranes muqueuses à l’orifice des diverses cavités. On a distingué à la peau une multitude de couches superposées; celles qui servent plus particulièrement à la fonction dont nous parlons, sont le chorion ou derme et l’épiderme. Le premier est une couche fibreuse d’épaisseur variable, plus adhérente aux parties qu’elle recouvre par l’intermédiaire d’un tissu cellulaire plus ou moins dense et serré; il est recouvert par l’épiderme, véritable couche homogène percée d’une multitude de trous qui laissent passer les poils et les bouches exhalantes des vaisseaux; l’épiderme est insensible, imputrescible, il s’use, il se répare, il est susceptible d’augmenter et de diminuer d’épaisseur. Nous ne dirons rien du corps de Malpighi,ni des bourgeons vasculaires de M. Gautier; mais nous devons dire que des anatomistes distingués regardent l’existence des papilles nerveuses de la peau comme une création de l’imagination de nos devanciers : cependant beaucoup les admettent en core. L’usage de ces diverses parties est évident; l’épiderme doit protéger les organes éminemment sensibles qu’il recouvre, contre le contact douloureux des corps ambians, et le derme doit être le lieu où se répandent les extrémités sentantes des nerfs du toucher.

Avant de passer outre, faisons remarquer combien l’organe du toucher, proprement dit, est merveilleusement disposé pour s’enquérir des propriétés tactiles des corps : multiplicité de parties et d’articulations

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qui le rendent propre à embrasser tous les objets quelle que soit l’irrégularité de leur figure; faculté d’opposer la pulpe des doigts; muscles nombreux pour mouvoir ces parties; finesse et poli de la peau, tout a été réuni pour la perfection de ce sens dans l’espèce humaine. Chez l’homme en effet il est bien plus exquis que chez la plupart des animaux, dont la peau n’est guère qu’un organe protecteur pour les parties sous-jacentes; recouverte de poils, de plumes, d’écailles, de tests, elle est incapable de recevoir l’impression des corps extérieurs.

On avait pensé jusqu’à ce jour que le toucher était le plus infaillible des sens; qu’il ne trompait jamais , et qu’il rectifiait les erreurs des autres. Que par conséquent c’était à ce sens que l’homme devait sa supériorité sur les autres animaux. Les physiologistes modernes lui ont fait perdre cette prérogative; ils ont fait voir qu’il ne commettait pas moins d’erreurs que les autres sens; que destiné seul à nous donner les notions de température, il ne pouvait jamais ne nous les faire connaître que d’une manière relative, selon sa propre température, de sorte que le même corps paraissait chaud ou froid, dans le même moment, s’il les deux mains étaient à une température différente etc. , que beaucoup d’hommes ayant la main bien conformée, n’avaient pas plus d’intelligence que des brutes; que d’autres, privés de cesorganes dès leur naissance, avaient cependant beaucoup d’intelligence, ce qui a fait conclure avec raison, que si le

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