‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 54 sur 207 · C.OUKS D HYGIENE · texte numérisé non relu

C.OUKS D HYGIENE

des callosités douloureuses, et déforme les parties. C’est pour cette raison que les ouvriers adonnés à des travaux pénibles ont ce sens peu délicat.

L’impression d’un froid très- intense resserre le tissu de la peau, et le rend peu propre à exercer les fonctions qui lui sont confiées ; une chaleur intense brûle plus ou moins profondément; elle produit pour premier résultat l’epaississement et le dessèchement de l’épiderme : aussi le toucher est-il très - imparfait lorsqu’un corps incandescent a été mis en contact avec la pulpe des doigts. On a vu des gens qui se disaient incombustibles, qui maniaient impunément des corps élevés à une très-haute température ; l’habitude de cet exercice, acquise d’une manière graduelle , leur avait vraisemblablement singulièrement épaissi l’épiderme. Au reste, comme pour tous les autres sens, des excitans trop énergiques émoussent le toucher, le repos absolu l’empêche de se développer, et l’habitude lui fait acquérir une rare supériorité. On prétend que des aveugles peuvent ainsi discerner les couleurs ; ce fait me paraît bien extraordinaire. Ce qu’on 11e saurait révoquer en doute, c’est qu’ils peuvent parvenir à exécuter des travaux fort remarquables par le seul secours du toucher. Mais est-ce un avantage pour la santé d’avoir le tact trèssensible, et cette condition ne rend -elle pas trèspropre à être impressionné d’une manière fâcheuse par l’action de tous les excitans extérieurs? Cet inconvénient ne compense-t-il pas, et au delà, les avantages qu’on peut retirer de la finesse du tact? Ne se-

rait-il pas préférable au contraire de s’endurcir contre leur influence funeste? Celui dont la peau serait aussi délicate, serait- il capable de supporter des travaux pénibles, la fatigue des armes? serait-il, en un mot, un vaillant défenseur de la patrie ?

Le sens du toucher est sujet à une foule d’anomalies qui peuvent exister dans l’état de santé ; elles sont dues à une idiosyncrasie : nous en avons parlé dans la première partie, où dans l’état de maladie elles sont alors du ressort de la pathologie.

DEUXIÈME DIVISION

De V encéphale et de ses fondions.

Le système nerveux est destiné à plusieurs usages de la plus éminente importance. Il est l’organe de la sensibilité, et par suite de l’entendement, des passions et des mouvemens. Comme nous l’avons déjà fait pressentir, il nous paraît très -vraisemblable que toutes les parties du cerveau ne sont pas aptes à remplir les mêmes fonctions; par exemple, celles qui président à l’intelligence et aux mouvemens paraissent surtout devoir être distinctes. L’expérience nous montre tous les jours des individus privés de l'une ou de l’autre de ces deux facultés; le mouvement est lésé sans l’intelligence, et celle-ci sans celui-là. MM. Délayé et Foville, élèves très -distingués de notre hospice, à qui leurs travaux et les qualités de leur esprit promettent une brillante renommée dans la carrière qu’ils

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