‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 62 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

exerce sur l’organisme une puissante influence.

Exercer l’intelligence d’une manière tellement convenable qu’elle puisse atteindre son dernier degré de développement, tel est le problème de toute éducation; c’est sans contredit le plus difficile à résoudre qui se soit jamais présenté à l’esprit humain. Il faut bien ’ que cela soit ainsi , puisque depuis qu’on s’occupe d’élever des hommes, on n’a pu découvrir encore que des méthodes plus ou moins absurdes, plus ou moins barbares pour atteindre ce but désirable. A voir la manière dont on s’y est pris de tout temps, et dont ôn s’efforce encore de s’y prendre pour instruire la jeunesse , ne dirait-on pas que l’on désire la retenir dans une ignorance éternelle ? Dès que quelques philantropes éclairés proposent des améliorations aux systèmes adoptés, ne voit-on pas s’élever contre eux des barrières insurmontables ? Quel est donc l’intérêt aveugle qui pousse ceux qui se disent destinés à diriger les autres à rejeter avec obstination tout ce qui peut répandre les lumières, ces bienfaitrices de l’humanité ?

C’est peut-être parce que les hommes qui se chargent de l’éducation de l’enfance ignorent totalement les lois de l’organisation , que les méthodes d’enseignement ont toujours été si vicieuses. Certes , s il convient à quelqu’un de tracer les règles fondamentales de l’éducation, c’est sans contredit au médecin philosophe. Il ne nous appartient pas, et il n’est pas de la nature de cet ouvrage, d’entrer dans aucun detail sur ce sujet intéressant, mais qu’il nous soit per-.

cours d’hygiène.

mis de dire en peu de mots quelles sont les principales conditions que , d’après nous , on doit chercher à remplir.

La nature semble nous tracer elle-même la marche que nous avons à suivre. Les seuls instrumens qu’elle nous ait donnés pour acquérir des connaissances, ce sont nos sens ; la première loi de l’éducation , c’est donc d’exercer les sens. Le désir d’apprendre, la curiosité si naturelle , je dirai même si nécessaire à l’enfance , fait qu’elle se prête avec avidité à ce genre d’instruction. L’enfant est porté par son organisation à appliquer ses sens; il regarde, il écoute, il palpe, il flaire, il goûte tous les objets qui sont à sa portée; il est essentiellement observateur. Le premier point est donc de lui fournir des occasions nombreuses d’exercer son penchant à l’observation. Dans presque toutes les méthodes d’enseignement , on cherche à faire raisonner les enfans; quelle absurdité! raisonner! et sur quoi ? sur des notions qu’ils n’ont pas encore! N’est -il pas évident qu’avant de raisonner, il faut posséder les matériaux du raisonnement , c’està-dire des matières de comparaison, des faits, en un mot. Le cerveau , encore peu développé dans le premier âge, l’est cependant assez pour être frappé des divers phénomènes de la nature qui entrent par la voie des sens. Exercer les sens , fournir à l’enfant de nombreuses occasions d’observer, voilà, disons-nous, la première loi de l’éducation ; elle est , comme on voit, déduite de l’organisation.

Comme tout doit tendre en dernière analyse à pro-

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