‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 64 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tenir ce vif désir d’apprendre! mais aussi combien l’instituteur est-il agréablement récompensé par les progrès-rapides de ses élèves!

Je ne puis résister ici au désir de rendre un hommage public à un homme modeste, qui ne connaît d’autre bonheur que celui d’être utile à ses semblables; il consacre tous ses raomens à l’instruction de k jeunesse, avec un désintéressement d’autant plus extraordinaire, qu’il est même dépouillé de tout amour de la gloire. Je veux parler de M. Phiquepal, dont le nom trop peu connu mérite d’être révélé à la reconnaissance publique. Rienn’est plus ingénieux que les moyens qu’il met en usage pour soutenir l’attention de ses jeunes disciples, rien n’est mieux calculé que les effets qu’il veut produire, et rien n’est plus satisfaisant que les résultats qu’il obtient. Les préceptes que je viens de tracer, il les met à exécution, aussi ces jeunes élèves font-ils des progrès remarquables, bien propres à confirmer l’excellence de ces principes.

Mais il est encore une question importante que nous ne pouvons passer sous silence : l’éducation doitelle être la même pour tous les individus? n’existe-til pas des dispositions, des aptitudes particulières à tel ou tel genre d’ipstruction et de talent? Dans cette discussion comme dans toutes, on a été trop loin de part et d’autre; les uns ont trop accordé à la puissance de l’éducation, les autres trop peu. Nul doute que le cerveau ne soit, comme tous les autres organes, différemment constitué chez les divers individus. Certes

ia6 cours d’hygiène.

son volume et son organisation intime doivent varier, comme le volume et l’organisation intime du poumon, du cœur, du foie, du rein, des testicules, etc. , par conséquent on pourrait dire qu’il n’y pas deux individus parfaitement semblables sous ce rapport. Mais qu’on veuille bien remarquer qu’une organisation parfaite étant le but de la nature, cette organisation doit être aussi la plus commune; dès lors on conviendra que la différence qui sépare la plupart des esprits, tient surtout au mode d’éducation qu’il les aura modifiés. Enfin l’influence de l’éducation est telle, qu’avec un organisation égale, l’un deviendra un Aristote, un Platon , un Diderot, un Voltaire, et l’autre restera un laboureur intelligent. Lorsqu’on a dit que l’homme pouvait ce qu’il voulait, bien entendu qu'on n’a pas prétendu parler des idiots, ni de ceux qui s’en rapprochent par leur organisation encéphalique , mais de ceux que la nature avait doués d’une bonne constitution. Je crois qu’on peut même ajouter qu’un organe faible est susceptible de se développer autant que tout autre, s’il est exercé avec les ménagemens convenables. Mais que d’art, que de précautions, que de patience ne fautil pas pour obtenir alors les mêmes résultats!

Lorsqu’un enfant montre quelque disposition bien prononcée, faut-il cultiver cette dispostion à l’exclusion des autres? Un homme peut-il devenir supérieur dans tous les genres ? Le secret de devenir supérieur dans une chose est- il, comme l’a dit Bichat, de rester inférieur dans les autres ? Telles sont les ques-

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