DEUXIÈME PARTIE
tions d’un intérêt majeur qui se présentent en foule, questions qui sont solubles par les connaissances que nous donne l’observation de l’organisme, mais sur lesquelles il ne nous est pas permis de nous étendre.
L’effet de tout exercice , ainsi que nous le verrons plus bas, est d’appeler les fluides sur l’organe agissant, par l’espèce d’irritation qu’il détermine, d’augmenter ainsi son volume, et par suite sa nutrition; de le rendre plus apte , plus habile à un exercice nouveau; de laisser les autres organes dans l’inaction, et d’y produire par conséquent des effets opposés. L’action du cerveau est sous ce rapport parfaitement semblable à celle des autres viscères. Lorsque cette action est long-temps prolongée, l’encéphale acquiert une prédominence remarquable, et l’organisme se trouve singulièrement modifié; l’individu est alors doué de la constitution encéphalique ; les autres organes diminuent au contraire d’énergie , d’activité et de volume dans un rapport direct. Entrons dans quelques détails à ce sujet.
Dans le premier moment d’un travail intellectuel, on a de la peine à diriger son attention, c’est-à-dire son cerveau, sur l’objet de son étude. Si l’on compose, les idées ne se présentent pas, ou se présentent froides , médiocres , confuses ; l’expression qui doit les rendre est pénible et embarrassée, aucun mot heureux ne jaillit et ne vient animer une pensée brillante. Si on lit, on sent difficilement son auteur, on le comprend à peine, il faut plusieurs fois relire le même passage. C’est que l’esprit, encore obsédé des
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impressions antécédentes, a de Ja peine à s’en distraire. C’est une des raisons pour lesquelles on a prétendu que le travail du matin était le plus avantageux. Bientôt les pensées naissent sans effort, elles finissent par accourir en foule; la plume la plus rapide suffit à peine à leur abondance ; les expressions sont vraies, riches, nombreuses, variées. Si l’on a pu quelquefois se surprendre dans ces divers momens, on aura vu que d’abord la face est pâle et décolorée, que les extrémités sont chaudes , que la respiration , la circulation demeurent dans leur état naturel ; peu à peu la peau de la face rougit et s’échauffe ; les veines du front et des tempes se gonflent, la tête paraît tendue, augmentée de volume; plus tard les artères temporales et carotides battent avec force ; les sens se ferment aux excitans extérieurs ; les yeux sont sailians et animés; une céphalalgie , plus ou moins intense, ne tarde pas à s’emparer de celui qui reste long - temps plongé dans une profonde méditation ; les extrémités sont froides et décolorées. Ce n'est pas tout. Le cœur bat avec force, la circulation s’accélère ; mais (chose singulière!) la respiration est rare et lente; l’estomac suspend complètement son action; le cerveau ne perçoit plus les sensations intérieures; la faim, la soif ne se font plus sentir; après le repas, un poids incommode, qui occupe la région épigastrique, annonce que la digestion est ralentie, suspendue ; le besoin d’uriner tourmente rarement ; en un mot, toutes les actions organiques semblent être arrêtées. On raconte même que des syncopes, des