DEUXIÈME PARTIE. i3y
à cela que le cerveau peut être dans l’inaction durant le jour, qu il peut ne recevoir l’impression d’aucun excitant extérieur, n’être tendu vers aucun sujet de méditation, n’être ému par aucune passion et ne commander aucun mouvement, sans être cependant plongé dans le sommeil. Un tel état me paraît impossible, et toujours durant la veille, les organes des sens, de l’intelligence ou des mouveinens sont plus ou moins en action. La suspension de cette action constitue le sommeil. Au bout d’un certain temps de veille, un sentiment général de faiblesse et de lassitude, une pesanteur de tête remarquable, un défaut de perception et d’intelligence, une grande difficulté de se mouvoir, annonceut que le sommeil est nécessaire. Bientôt nous cessons d’avoir la conscience des objets extérieurs. Les paupières se ferment et nous dérobent l’impression de la lumière; le goût, l’odorat, l’ouïe et enfin le toucher cessent d être sensibles à leurs excitans ; les muscles des membres tombent dans le relâchement, bientôt ceux du col et de l’épine cessent de retenir la tête et le tronc dans leur rectitude ordinaire. Les fonctions organiques n’interrompent pas leur action , mais elles sont modifiées par le sommeil. La respiration et la circulation se ralentissent , la chaleur animale qui leur doit peut-être son existence est considérablement diminuée, les sécrétions sont moins abondantes. La digestion est certainement moins active durant le sommeil que pendant la veille, et
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l’absorption ne paraît pas être plus énergique, malgré les assertions des auteurs. Lorsqu’à tous ces phénomènes se joint la perte du sentiment de 1 existence, l’homme dort.
Un sommeil paisible, profond et d’une durée convenable répare les forces épuisées; les organes recouvrent la faculté d’agir de nouveau ; il nous met en état de recommencer à vivre. En suspendant l’action de l’encéphale, il suspend les douleurs physiques et les peines de l’âme ; il est le consolateur des malheureux. Le sommeil bienfaisant répand un tel charme sur l’existence, qu’il est peu de douceurs que l’on puisse comparer à celles qu’il nous procure. Au réveil, on éprouve un sentiment général de bienêtre et de quiétude ; les membres sont aptes à l’exercice , les sens reçoivent avec volupté les impressions des objets ; l’œil revoit avec délices les rayons du soleil levant et les beautés de la nature ; l’oreille est charmée du doux murmure que font entendre les êtres qui s’éveillent. C’est dans ce moment que le parfum des fleurs est suave. Le cerveau lui-même, libre des idées qui l’obsédaient la veille , conçoit avec rapidité; il est disposé à la méditation; aussi le réveil est -il le moment le plus favorable aux travaux intellectuels.
Mais à quelle cause faut-il attribuer le sommeil : Est-ce à la compression des lamelles cérébrales, à l’abord du sang vers le cerveau, à l’épuisement des esprits animaux? Laissons ces hypothèses menson-