DEUXIÈME PARTIE. 1 3q
gères, et avouons ici notre ignorance avec franchise. Gardons-nous surtout d’affirmer, ainsi que le fait un auteur qu’on regarde comme classique, que le sommeil est dû à l’accumulation des forces vers le centre épigastrique, à la tension du diaphragme !
« Ce qui a induit en erreur, dit-il, sur la cause « du sommeil, c’est qu’on a imaginé que les exerce cices soutenus et les travaux de l’âme épuisaient « les forces ; mais cela n’est point ; elles ne sont le « plus souvent qu’ accumulées vers le centre épigas- « trique , et le sommeil ne fait que les répartir dans « les autres organes qui en étaient privés. Telle est « la raison pour laquelle on se trouve délassé et « réparé après un sommeil paisible et tranquille. « Mais, lorsqu’on s’est livré à des méditations longues « et profondes , à des passions violentes , etc. , le « diaphragme retient V action , qui lui a été en- « voyée par les autres organes ; elle s’y fixe et s’y « concentre , et les forces ne reprennent pas si vite cc leur libre circulation ; chaque partie est privée « d’une portion de celle dont elle jouit naturelle- « ment , et on est alors dans un état de lassitude « qui ne permet pas de dormir. — Le sommeil nacc turel dépend en grande partie de la tension mois. dèrée clu diaphragme ; mais lorsque celui-ci est « trop irrité , ou lorsque les viscères épigastriques cc retiennent trop d’action, le cerveau, dont l’activité c< est dans une étroite dépendance de l’excitement cc du diaphragme, conserve la tension qui constitue
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« l’état de veille, et on ne peut s’endormir » (i). Et voilà l’état où nous avons trouvé l'hygiène!
Le sommeil varie selon qu’il est plus ou moins profond , continu ou interrompu , complet ou incomplet, et de durée plus ou moins longue. S'il est profond et complet, les fonctions de l’encéphale, sensoriales, intellectuelles et morales, sont difficiles à éveiller. Le moindre bruit, le moindre excitant suffit pour l'interrompre, s’il est léger. Dans ce dernier cas il est peu réparateur.
C’est une tentative bien téméraire et bien infructueuse que de chercher à doubler l’existence en dérobant au repos les heures qui lui sont dues. Un sommeil d’une certaine durée est nécessaire au rétablissement des forces; cette durée ne peut être déterminée d’une manière exacte pour chaque individu. Elle doit varier, ainsi que nous le verrons, selon 1 âge, la constitution, le sexe, le degré d’exercice qu’on a pris, la profession qu’on exerce, etc. Nous pouvons dire d’une manière générale que pour les personnes faibles sept ou neuf heures sont necessaires, et que pour les individus robustes, cette durée doit être de six à huit heures. Il y aurait un inconvénient égal à dormir plus ou à dormir moins. Un sommeil trop prolongé, en laissant le cerveau dans 1 inaction, produit à la longue l’inaptitude à agir de ce viscère. Ainsi l’esprit tombe dans une espèce d’hébétude.
(1) Tour telle, È lé mens d’ Hygiène, torn. 2 sect. 4 > chap. U p. 4 22, édit. i8i5.