‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 79 sur 207 · DEUXIÈME PARTIE. j · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. j

mot affection et Je mot passion? Le premier ne devra- 1- il désigner que des sentimens simples, passifs, qui arrachent lame à son indifférence ; le second que des sentimens qui produisent de violentes déterminations ? J’avouerai que cette distinction me paraîtrait assez convenable, mais il est évident que ce ne sont là que des degrés d’une même chose : l’amour n’est qu’une affection pour une personne ; il est une passion pour l’autre. Il est vrai qu’il est des affections qui ne sont pas susceptibles de devenir des passions : la bonté , la générosité , \z philanthropie Y amour de V ordre, etc. , quoiqu'ils puissent etre la source de beaux mouvemens, ne prendront jamais la couleur de la passion; peut-être aussi le sens grammatical s’accorderait - il avec cette distinction , mais 1 on doit avouer qu’elle est d’une application difficile. 1

Quoiqu’il en soit, les moralistes ont cherché à les classer de diverses manières; les uns les ont divisées, d’après les impressions quelles font éprouver, en affections agréables ou pénibles , et cette distinction n’est pas sans importance , lorsqu’on vient à examiner leur influence sur l’économie animale. Les autres ont admis des passions vertueuses , c’est-àdire concourant au bonheur général ; des passions vicieuses , cest-a-dire nuisibles à ce bonheur, et des passions mixtes; cette division peut être convenable en morale, mais elle ne peut être adoptée en médecine, où l’on se propose surtout d’étudier leurs effets sur l’homme en particulier, et non sur l’homme

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en société. Elles ont été partagées en actives et en passives , ce qui ne désigne que leurs divers degrés d’énergie. M. Georget a fait quatre groupes des affections, selon qu’elles se rapprochent de la joie, de la colère , de la frayeur ou du chagrin. Dans le premier, il met la joie , le plaisir, le contentement , \' admiration , X enthousiasme , la cotitemplaiion , Y extase; dans le second, X impatience , la vivacité , les emportemens , la colère , X indignation, la fureur , la rage ; dans le troisième, les alarmes de la timidité et de la pudeur, X émotion, la honte, la surprise, le saisissement , X inquiétude, les tourmens, la crainte, la peur, la frayeur, X effroi, la compassion, X horreur, la terreur ; enfin dans le quatrième, les contrariétés , les peines , le chagrin, X affliction, la tristesse, X ennui, le dégoût, Xabattement, le découragement, la nostalgie, les révolutions d’esprit. Il fait ensuite une classe à part pour les passions proprement dites, qu'il fait dépendre exclusivement du désir ; il les rattache à deux divisions : à X ambition et à X amour. Cette classification, peut-être plus exacte que les autres, me paraît rapprocher des élémens distincts, en éloigner d’identiques, et ne pas comprendre toutes les affections. D’autres se sont efforcés de les ramener toutes à des sentimens d’amour, de rapprochement, ou de haine et d’éloignement, et cela avec beaucoup d’apparence et de raison; elles ont encore été considérées selon qu’elles sont douces, vives, lentes , libres , contraintes , opiniâtres, persistantes , passagères, etc.; elles ont

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