DEUXIEME PARTIE
\G‘l cours d’hygiène.
Le plaisir et ses diverses nuances étant l’effet de la plupart des passions lorsqu’elles softt satisfaites; et la douleur morale et ses variétés, celui des passions non satisfaites, ces émotions de l’âme étant les plus générales qu’on puisse éprouver, nous commencerons par exposer leurs effets sur l’économie animale, ce qui abrégera beaucoup notre travail. Le désir et l’aversion étant la source de toutes nos passions, seront aussi traités d’une manière générale. Nous examinerons leurs résultats primitifs et consécutifs, selon leurs divers degrés d’intensité. Nous exposerons de la même manière les effets des passions et des affections principales.
§ ni. Effets des passions sur l'économie animale.
La vie serait un présent bien doux si, exempte d’amertume, elle pouvait couler perpétuellement dans le plaisir; mais un tel état ne saurait être le partage de l’homme; et le bonheur parfait est une chimère. D’ailleurs le plaisir constant ne peut pas être. Le plaisir est la satisfaction des désirs; il faut donc désirer pour être heureux, et dès le moment qu’on désire, c’est qu’on n’est pas encore heureux, donc le plaisir perpétuel est une absurdité. D’une autre part la satisfaction des désirs entraîne l’ennui, la satiété, et l’homme qui aurait la facilité d’assouvir à l’instant ses moindres désirs, serait assurément le mortel le plus ennuyé et le plus malheureux; il ne tarderait pas à désirer la mort par ennui de la vie,