‹ Cours elementaire d'hygiene (volume 2)Chapitre 88 sur 207 · deuxième partie · texte numérisé non relu

deuxième partie

vidu que la faim tourmente; le pouls est faible et lent, la respiration peu accélérée, l’absorption très-énergique; la face est pâle, la peau froide, les traits s’affaissent , l’acte de la reproduction est difficile et fatigant , 1 érection est incomplète. Ces phénomènes peuvent durer par l’effet de l’abstinence prolongéeon observe alors les modifications organiques que nous avons décrites dans le chapitre de Y alimentation. Une forte contention d’esprit peut opérer une espèce de révulsion, peut distraire de la faim. Les travaux

intellectuels, mais surtout les passions violentes, ont ce pouvoir.

L’envie de vomir, sentiment irrésistible qui a son siège dans l’estomac , peut cependant être suspendue et même dissipée par la distraction, c’est-à-dire par 1 action cerebrale. Un jeune médecin, affecté d’une esquinancie , avait pris, pour opérer une révulsion sur les intestins, une boisson émétisée, et s’était endormi En s’éveillant, il éprouvait de vives envies de vomir' lorsqu’il lui survint une visite agréable. La conversation s’anima, et les envies de vomir disparurent. Ainsi si d un cote l’action de l’estomac empêche celle du cerveau, l’action du cerveau exerce sur le ventricule un pouvoir réciproque.

La soif est plus irrésistible encore que la faimelle produit des résultats analogues à ceux de la faim ’

1 une et l’autre cessent par l’introduction dans l’estomac des substances réparatrices, des solides et des fluides. Elles peuvent être trompées par l’usage de

l8o cours d’hygiène.

quelques substances qui ne jouissent pas de la faculté

de nourrir, ni de réparer la perte des humeurs.

Si l’on joint à ces besoins ceux de respirer et de satisfaire à quelques évacuations, on aura la totalité bien bornée de tous les besoins animaux concernant la conservation de l’espèce.

E. Amour , amour maternel et paternel , piété filiale , etc. S’il est un sujet épuisé, rebattu mille fois par les moralistes, les poètes, les peintres, les théologiens, par tout ce qui se mêle d’écrire, de penser, de parler et de sentir, c’est l’amour. Il n’est pas de pièce de théâtre, pas de romans, pas d’histoire; il n'cst pas de tableaux, pas de conversation particulière, dont l’amour ne soit le sujet ou l’accessoire. Dominateur universel des êtres qui respirent, toujours le même et toujours nouveau, s’il a commencé, c’est avec le monde; et s’il doit finir, ce n’est qu’avec lui. Il inspirera à nos neveux l’intérêt qu’il inspira à nos pères; son règne ne peut s’éteindre qu’avec les générations.

En produisant des êtres organisés, la nature se fût imposé la loi de les recréer incessamment, si, pour conserver les espèces, elle ne les eût portées par le plus irrésistible des attraits à l’acte de la reproduction , dont elle leur avait d’ailleurs donné les organes. Elle a voulu qu’à la fin de leur accroissement, lorsqu’ils sont doués de toutes les qualités qu'ils peuvent acquérir, les animaux donnassent naissance à des êtres semblables à eux. Par-là, les individus meurent, les races ne meurent pas; l’univers conserve

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