DEUXIÈME PARTIE. I
sion que le sang lui sortit avec impétuosité d’une des veines du front. Ce fait est peu croyable.
Le printemps, qui vient ranimer la nature, semble être aussi la saison de l’amour. Tous les êtres cherchent à se multiplier dans cette aimable époque de l’année; une chaleur vivifiante excite un rapprochement des sexes. Mais l’homme, qui, par son admirable industrie, a trouvé le moyen de se soustraire à l’influence des saisons, éprouve l’amour pendant les glaces de l’hiver comme sous le règne des feux de la canicule, et la puissance du printemps est bien moins grande sur lui que sur tous les autres animaux.
Les climats chauds disposent davantage à cette passion que les régions hyperboréennes. Le feu du
ciel dont il est embrasé circule dans les veines de
l’habitant du midi. Les climats tempérés sont peutêtre cependant plus propices à l’amour.
La femme, plus sensible, plus affective que l’homme, est aussi plus tendre et plus amoureuse que lui; et, de tous les âges, l’adolescence et la jeunesse sont ceux que l’amour affectionne. L’âge adulte, s’il goûte encore ses plaisirs , est rarement dupe d’une illusion qui n’est faite que pour le bel âge.
Pour conserver l’espèce, il était encore nécessaire que la nature mît dans le cœur des pères et des mères un sentiment d’attachement bien vif pour leurs enfans. En effet, que serait devenu un être aussi faible que l'homme naissant, s’il eût été abandonné à lui-même, tandis qu’il faut tant de soins pour le
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soustraire aux causes infinies de destruction qui menacent sa frêle existence? Cet amour, plus vivement empreint dans le cœur de la femme que dans celui de l’homme, donne naissance à toutes les affectionsmorales, et conséquemment à tous les effets qu’elles peuvent produire sur l’économie animale. Source d’un plaisir pur et continuel lorsqu’il est satisfait, il est une cause de santé comme toutes les passions douces et henreuses. Lorsque quelque danger vient menacer l’enfant, la crainte, la douleur, la colère s’emparent de lame de la mère, et produisent sur son organisme les modifications les plus funestes.
Une tendre amitié , une douce reconnaissance nous lient aux auteurs de nos jours, mais ces sentimens sont loin d’égaler en vivacité l’attachement paternel. La nature n’en avait pas besoin pour atteindre ses fins, et la piété filiale est presque un résultat des institutions sociales. Nous voyons que les animaux oublient ceux qui leur donnèrent le jour, dès qu’ils peuvent se suffire cà eux-mêmes. L’homme fait, exception à cette loi générale; mais cette affection, ne produisant pas des mouvemens bien violens dans l’organisme, ne le modifie point par elle-même, mais seulement par les passions secondaires qu elle occasionne.
Nous avons examiné jusqu’ici les passions produites par l’attrait du plaisir, celles que nous allons exposer nous sont inspirées pour repousser ce qui nous nuit.
F. Colère , Emportement , Haine , etc. La colère