CHAPITRE PREMIER
De V Organisme.
Depuis long-temps on a dit que l’étude la plus intéressante pour l’homme, c’était l’homme. Rien ne présente en effet plus d’attraits que cette étude , et rien n’est en même temps plus utile. Sans elle les observations journalières reposent sur des bases chan i celantes; car il est impossible d’apprécier avec justesse les effets des divers agens qui exercent sur nous quelque influence , si nous ne connaissons la disposition , la structure de nos organes et leurs divers mouvemens. En vain les gens du monde prétendent-ils avoir des connaissances précises sur les effets des diverses puissances qui agissent sur notre économie; ces notions, dépourvues de la connaissance exacte de notre organisation et de son mécanisme , ne peuvent être et ne sont en effet qu’un aveugle empirisme, source inépuisable de préjugés et d’erreurs. Ainsi donc la base sur laquelle repose l’édifice que nous nous proposons d’élever, c’est la connaissance de notre
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organisation, c’est-à-dire des divers systèmes, organes et appareils qui entrent dans notre composition , et de leurs mouvemens.
L’anatomie nous instruit de la structure du corps humain, et la physiologie de l’action des organes dans l’état sain. Cette dernière n’est point une science à part, elle n’est que le complément de la première, elle fait voir les organes en jeu. Il faut prendre garde de perdre de vue cette pensée , car rien n’est plus facile que de se payer de mots et de s’habituer à prendre pour des êtres réels , des effets qui ne sont que le produit de la matière organisée.
Tous les phénomènes de la vie dépendent de l’organisation. Cette grande vérité ne saurait être énoncée avec trop de clarté. Les fonctions dans l’état sain ne sont que les mouvemens des organes dans l’état de santé; les maladies ne peuvent être que le résultat du dérangement des organes, et par suite de leurs mouvemens. Santé, maladie, tout est dans l’organisme. Les altérations des fonctions qui constituent les symptômes et les signes des maladies, ne peuvent donc dépendre que des altérations des organes ou de leurs parties constituantes; il serait aussi absurde de vouloir admettre que ces dérangemens arrivent sans modification matérielle, que de prétendre que c’est toujours le même organe et la même altération d’organe qui leur donne lieu. Notre organisation est trop compliquée, trop d’élémens la constituent, une multitude trop grande d’organes composent le corps humain , pour qu’il soit raisonnable de penser qu’un seul de ces organes soit