‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 12 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE. 3 J · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 3 J

toujours malade, et qu’il le soit toujours de la meme manière. Si le seul canal intestinal constituait notre économie, lui seul serait toujours malade, encore s’il était composé de divers élémens, serait-il susceptible de diverses maladies, et ne serait-il pas constamment attaqué de la même affection. Ainsi, lorsqu’il existe quelque changement dans nos fonctions, il est certain qu’il existe quelque changement dans l’organe qui exécute cette fonction ou dans quelque autre partie qui peut exercer sur cette fonction une influence notable. Ne voir que le dérangement d’un organe , c’est , comme le disait Marcart , ressembler à l’horloger qui ne regarderait jamais que le grand ressort , et qui s’obstinerait à ne jamais voir que dans son altération le dérangement d’une horloge. Et quelle machine que le corps humain î Mais, diront quelques personnes, vous faites tout dépendre de l’organisation , mais que devient la vie et les propriétés qui la caractérisent; que deviennent les divers modes de sensibilité, d’irritabilité, de contractilité , phénomènes qui distinguent si éminemment la vie, qu’ils ont reçu le nom de propriétés vitales? Ces propriétés ne peuvent-elles être dérangées sans qu’il y ait dérangement dans les tissus qui en sont doués? Quels sont ces dérangemens? Que sont donc les maladies vitales? — La vie n’est autre chose que le résultat de l’organisation dans un état propre à l’exécution de certains mouvemens. Je ne me dissimule pas que ces propositionsseront fortement combattues, mais je ne balance pas à les émettre parce que je les crois vraies. Les divers modes de sensibilité, de con-

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tractilité , d'irritabilité , ne sont pas des propriétés existantes par elles-mêmes, on ne peut les concevoir sans les tissus qui en sont doués, elles n’existent pas sans eux, donc si elles sont dérangées il y a altération dans un organe ou dans quelques-uns de ses principes. Quant à la nature de ce dérangement, il peut arriver qu'il ne tombe pas sous les sens, parce que nos moyens d'investigations sont trop imparfaits, mais il est impossible qu-'il n’existe pas. Quant aux maladies vitales, ce sont de malheureuses conceptions qui n'attestent que la faiblesse de l’esprit humain. Les principes que j’énonce m’ont constamment dirigé dans mes recherches pathologiques. Je les ai exposés de la manière suivante dans l’un des cours de clinique :

« La matière est inorganique ou organisée. Les « lois qui régissent la première sont, dans son en- « semble, la gravitation; dans ses détails, les affini- « tés. La forme, l'étendue, les volumes, la densité, la « porosité, l'impénétrabilité, l'élasticité, la divisibi- « lité , les couleurs, la température, etc., sont des « propriétés générales de la matière. Le mouvement « est aussi une propriété de la matière , car il ne peut exister sans elle. Le mouvement est-il autre « chose qu’un corps qui se meut ?

« Pour la matière organisée, il existe d'autres pro- « priétés qui la distinguent de la matière inorganique ; « ce sont surtout la sensibilité et la contractilité. « On leur a donné le nom de propriétés vitales , ce « qui a conduit à les considérer comme des êtres abs- « traits, exista nts par eux-mêmes’, caractérisant la vie

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