PREMIÈRE PARTIE. 3g
* proprement dite. Remarquez ici combien les noms « influent sur les pensées, cette manière de considé- « rer les propriétés dites vitales a causé des erreurs « sans nombre ; c’est à elle qu’on doit la naissance des « maladies vitales. En effet , dès le moment qu’on a « reconnu des propriétés vitales existantes par elles- « mêmes , on a dû , pour être conséquent , reconnaître « aussi des maladies vitales , c’est-à-dire des absur- « dités; absurdités malheureusement encore en crédit! « Pour nous, les propriétés dites vitales ne sont que « le résultat de la matière organisée. C’est la matière « en mouvement , c’est la matière mise en jeu. Ainsi « les fonctions dont l’ensemble constitue la vie ne « seront plus que le jeu, l’exercice de nos organes. « Dès lors il n’y aura plus de respiration , de diges- « tion, mais bien des organes respirans, digérans, etc. « Maintenant, si le mouvement ne peut exister sans « la matière , ou , si vous aimez mieux , si les fonc- « tions ne peuvent exister sans les organes , ce qui « nous paraît de la dernière clarté , il s’ensuivra que « tout dérangement dans la fonction sera le résultat '< nécessaire du dérangement de l’organe qui l’exé- « cute. Je ne sais si mes raisonnemens sont bien en- « chaînés et si mes expressions sont claires , mais il « est certain qu’il est impossible d’avoir des idées qui « le soient davantage. Une objection qu’on ne man- « quera pas de nous adresser, est celle-ci : la vie, dite tes-vous, n’est que le jeu des organes, et celui-ci le « résultat de l’organisation dans un certain état ; mais « dites-nous pourquoi la vie n’existe plus là où l’or-
4o cours d’hygièjve.
« ganisme existe encore? Ce cadavre que vous avej- << sous les yeux était vivant naguère, son organisation! « est la mêmeetcependant il ne vit plus. Eh bien! non « messieurs, son organisation n’est pas la même , car il « vivrait encore s’il en était ainsi. Mais vous ne trouvez « aucune différence? C’est ici que je voulais arriver.
« Lorsqu’un respect superstitieux pour la tombe « empêchait d’interroger l’homme mort, pour en faire « sortir l’utilité de l’homme vivant; la plupart des « maladies étaient essentielles, générales, sans siège, « on s’imaginait qu elles ne laissaient après elles au- « cunes traces. Plus tard , lorsque la philosophie « introduisit son flambeau au milieu des peuples civi- « lisés, il fut enfin permis de porter un regard scrutateur dans les restes inanimés du corps humain, « et ces débris, naguère la vile proie des vers, de- « vinrent la source féconde des vérités les plus utiles. « Dès lors les maladies', qui jusque-là n’étaient que « des dérangemens de fonctions, que des symptômes « enfin , devinrent des altérations d’organes; les symp- « tomes seuls perdirent leur antique valeur, et ne « furent utiles qu’autant qu’ils indiquèrent une lé- « sion d’organe. Mais tel est l’empire des préjugés, « que de nos jours encore on reconnaît des maladies « vitales. Une vaste compilation moderne, assemblage « indigeste et incohérent de toutes les doctrines, con- « tient un long article sur ce genre prétendu d’affec- « tion. Malheureusement ( il faut en convenir ) il « est des cas où nos moyens d’investigation ne nous « font reconnaître aucune altération d’organe; mais