PREMIÈRE PARTIE
« conclure qu’il n’en existe point, c'est une étrange « erreur. On ne meurt pas de rien, et si réellement « il n’existait aucune altération, il faudrait admettre « qu’on peut mourir de rien , ce qui est absurde. « Ainsi , lorsqu’on ne trouve aucune altération appâte rente d’organes , gardez-vous d’en tirer la consé- « quence qu’il n’en existe pas ; mais rangez seulement u la maladie qui a fait périr l’individu dans la classe « des maladies inconnues, ou du moins dans la classe « de celles qui le sont peu. On doit conclure de ce « que nous venons de dire , que la vie n’est que le « résultat de l’organisme dans un certain état; que « les fonctions ne sont que le mouvement, le jeu « des organes; que les dérangemens de ces fonctions « annoncent nécessairement un dérangement dans « l’organe qui l’exécute; que la vie ne peut cesser que « là où l’organisation cesse d’être parfaite, c’est-à- « dire dans l’état nécessaire à son action.
« Ces vérités une fois reconnues, il est impossible « de ne pas admettre que la perfection de la patholo- « gie consiste dans la connaissance des altérations des « organes, qu’on ne peut faire faire quelques pro- « grès à la science, qu’autant qu’on fixera le siège des « maladies et qu’on éclairera leur diagnostic».
Ce n’est pas ici le lieu de nous étendre davantage sur ces propositions qui paraîtront sans doute téméraires et mal sonantes, et pour le moins déplacées, mais je les crois d’un trop haut intérêt pour les passer sous silence. En fondant sur la connaissance de l’organisme les considérations auxquelles nous
devons nous livrer, je ne prétends pas, comme on le pense bien, entrer dans des détails d’anatomie et de physiologie. Les personnes qui veulent étudier l’hygiène profondément, doivent, comme nous l’avons déjà dit, connaître ces deux branches des sciences médicales.
Mais avant d’examiner les matériaux que la nature met entre nos mains pour modifier notre constitution; avant d’entrer dans aucun détail sur leur mode d’agir, il nous paraît indispensable de jeter un coup d’œil sur les particularités de notre organisation que ces deux sciences ne font pas connaître d’une manière assez spéciale; sur les diverses formes qu’elle peut revêtir, les prédispositions qu’elle peut présenter; les modifications qu’elle peut recevoir des âges, des sexes et des habitudes , etc. Ce n’est qu’après ces connaissances préliminaires que nous pourrons aborder avec fruit les agens hygiéniques et apprécier avec justesse les divers changemens qu’ils peuvent imprimer à notre économie.
— Composition du corps humain. — Des solides, des liquides , des gaz , des fluides incoercibles même entrent dans la composition du corps humain. Les fluides sont en quantité huit ou neuf fois plus grande que les solides. Ceux-ci affectent des dispositions physiques différentes, et présentent aussi des élémens divers. Pour ne parler ici que des formes extérieures que les solides revêtent dans l’économie animale, nous rappellerons aux lecteurs qu’on reconnaît plusieurs systèmes généraux , ce sont : les systèmes cellulaire,