‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 15 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

vasculaire, nerveux, osseux, fibreux, musculaire, érectile, muqueux, séreux, épidermique, parenchymatique, et quelques sous-divisions. De l’union de ces systèmes avec les fluides, il résulte les organes , et les divers appareils; on reconnaît aux tissus, indépendamment des qualités physiques générales, des propriétés particulières , telles que l’extensibilité, la contractilité , le racornissement.

Les élémens solides de nos corps sont en général assez bien connus. Tombant facilement sous les sens, ils se prêtent aisément à nos moyens d’exploration. Nous connaissons les dimensions, les formes, le volume, l’étendue, les couleurs, l’odeur, la densité, le poids de nos solides dans l’état sain. L’anatoinie nous instruit de ces diverses conditions de ces parties. Comme nous n’avons d’instruction solide que celle que nous acquérons par nos sens, il s’ensuit que ce sont ces élémens que nous connaissons le mieux dans le corps humain. Il est cependant certaines modifications de tissus ou de parenchyme, il est des changemens de position, de couleur et de volume, par exemple, que nous aurions bien de la peine à attribuer avec certitude à fétat physiologique ou à l’état pathologique. Quoi qu’il en soit, de cette connaissance des élémens solides dans l’état sain, résulte une autre connaissance non moins considérable dans l’étude de l’homme , c’est celle des organes dans l’état malade. Lorsqu’on a observé durant la vie un trouble dans les fonctions d’un organe, et qu’après la mort on trouve cet organe hors de son état normal, on en

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conclut que cette altération a donné lieu aux signes, qu’on a observés, ce qui imprime à la médecine un caractère de certitude bien consolant pour l’ami de l’humanité, puisque, connaissant alors l’ennemi qu’il a à combattre, il peut espérer de le vaincre. L’anatomie pathologique est donc la base la plus solide de la pathologie, ainsi que l’anatomie saine, si je puis m’exprimer ainsi, est la base la plus solide de la physiologie et de l’hygiène. Ne serait-il pas plaisant de voir un individu s’efforcer de vouloir démontrer le mouvement d’une machine compliquée, s’il n’en connaît pas les rouages, et vouloir même se mêler de la réparer, un bandeau sur les yeux ?

Malheureusement, il faut en convenir, les choses ne se passent pas toujours ainsi. Dans quelques cas on ne trouve après la mort aucunes traces d’altération; dira-t-on qu’elles ont disparu? Cela peut arriver quelquefois; mais depuis Brown n’aurait-on pas trop oublié qu’une énorme quantité de fluides entrent dans notre composition. J’aborde encore ici une question grande et délicate.

M. le professeur Pinel a déversé le mépris sur tous les systèmes, fruits mensongers de l’imagination égarée de nos prédécesseurs. Son jugement sévère a proscrit avec raison tout ce qui n’était pas le résultat immédiat et rigoureux de l’observation , et si jamais la médecine peut se vanter d’avoir été éclairée par le flambeau de la philosophie, c’est , sans contredit, depuis ses travaux immortels. La révolution médicale est l’œuvre de son génie. C’est l’hommage que lui

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