‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 25 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

nombre présentent une double altération. Si toutes les parties du cerveau devaient exécuter les mêmes fonctions, il s’ensuivrait rigoureusement qu’une altération quelconque de ce viscère devrait toujours produire les mêmes symptômes ; c’est ce qui n’a pas lieu. Maintenant quelles sontcesdiverses parties auxquelles sont attribuées ces différentes fonctions? C’est sans doute ce que l’expérience ne tardera pas à dévoiler, mais c’est sur quoi la prudence exige de garder encore le silence. On a prétendu que la moelle .épinière était uniquement consacrée aux mouvemens , et le cerveau aux sentimens et à la pensée; on s’est appuyé de l’anatomie comparée; on a fait voir que chez les animaux doués d’une forte contractilité le cerveau était souvent peu volumineux et la moelle épinière fort développée; on s’est appuyé d’expériences faites sur les animaux vivans, sur de ces pathologiques, et en particulier sur le raisonnement. Je pense qu’on a abusé des uns et des autres. Si le mouvement dépend de la moelle épinière, et si celle-ci ne dépend pas du cerveau, puisqu’on prétend qu’elle existe avant lui , qu’on me dise pourquoi , lorsqu’il s’est fait un épanchement circonscrit dans le cerveau, le mouvement est intercepté dans les membres? Ce n’est pas ici le lieu d’examiner cette question profonde , nous y reviendrons plus tard; je voulais seulement dire que l’encéphale avait plusieurs attributions différentes, qu’il était certain que ces attributions appartenaient à des parties différentes, et qu’il n’était pas sûr que la moelle épinière fut exclusivement chargée des

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mouvemens; d'où l'on pourra tirer cette conclusion, qu avec un cerveau volumineux on pourra avoir fort peu de genie, et vice versa; et que le siège de l'épilepsie et autres maladies du système nerveux n'est pas exclusivement daus le canal rachidien. Il est donc très-important de distinguer la constitution dans laquelle prédomine la partie de l'encephale affectée à la sensibilité, de la constitution dans laquelle est en excès la partie affectée à la contractilité.

On ne saurait contester qu’une constitution éminemment irritable et sensible ne soit quelquefois une production de la nature; le svstème nerveux domine naturellement chez les enfanset chez les femmes; mais cette exaltation de la sensibilité est bien plus fréquemment le fruit amer de notre état social. L'oisivete, le luxe, la mollesse, l'abus des plaisirs, les émotions vives produites par les spectacles, les lectures de certains ouvrages, les travaux de cabinet, la vue de certains tableaux, la culture immodérée des beaux-arts, les passions de toute espèce incessamment excitees par des objets séduisants, les chagrins si multiplies sont des causes continuelles qui portent la sensibilité hors de ses bornes naturelles. S'il s agissait de développer la manière d’agir de ces causes, il serait facile de démontrer que les unes agissent en diminuant l’énergie des autres svstèmes, et les autres en augmentant directement celle de l'encéphale : ainsi le repos en laissant les organes de la locomotion dans l'inaction, empêche les sucs nourriciers de se porter vers les muscles, et ees sucs se dirigent alors vers les autres

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